Benjamin Castaldi : «Je suis le Léon Zitrone de l’an 2000


Par publié le 23/07/2014 à 04h50


L’animateur n’hésite pas à mettre en avant son statut de pionnier du PAF, alors que son avenir sur TF1 demeure encore fl ou.

- Au printemps, vous vous plaigniez que TF1 ne vous faisait pas assez travailler. On vous retrouve aujourd’hui aux commandes deSecret Story et de The Winner Is, un nouveau divertissement musical. Visiblement, votre coup de pression a porté ses fruits…

 

L’élément déclencheur a été mon escapade sur Gulli, pour Tahiti Quest, qui a été un véritable carton. Cela m’a permis de rappeler que, quelquefois, l’animateur a son importance dans la réussite d’un format…

 
- À TF1, a-t-on eu peur de vous perdre ?

 

Peur, je ne crois pas, car personne n’est irremplaçable. Néanmoins, je pense qu’ils se sont dit, au regard de ce franc succès, qu’il valait mieux m’avoir dans leur rang que chez la concurrence.
- The Winner Is, est-ce la marque de confiance que vous attendiez de la part de TF1 ?

 

C’est une marque de confiance, mais qui ne suffit pas, car on ne sait pas encore si l’émission sera reconduite. On doit se reparler très vite. Si les négociations n’aboutissent pas cet été, je ne serai plus sur TF1 à la rentrée, c’est une certitude. Je ne peux pas continuer à naviguer à vue. Ne pas avoir de visibilité à plus de trois mois, ce n’est plus possible.
- Vous aviez annoncé votre départ de Secret Story il y a quelques mois, puis vous vous êtes ravisé. Est-ce vraiment la promesse que vous aviez faite à TF1 qui vous a poussé à rester ?

 

Tout à fait. J’avais envisagé de partir, car j’avais reçu des propositions intéressantes en provenance de la concurrence. Mais TF1 m’a rappelé que j’avais donné ma parole.
- Vous animez donc Secret Story un peu contre votre gré ?

 

Pas du tout. Je n’ai aucun problème de motivation. Mon envie d’aller voir ailleurs n’avait rien à voir avec le format de Secret Story, que je continue de défendre.
- Nikos Aliagas a présenté Star Academy pendant huit ans, avant de prendre ses distances et de donner un nouvel élan à sa carrière. Est-ce un parcours qui vous inspire ?

 

C’est exactement ce que je suis en train de faire en travaillant pour Gulli ou encore en proposant un documentaire incarné sur 13e Rue [Passeport pour le crime, NDLR]. J’ai déjà commencé à amorcer ce tournant. Et puis, vous savez, si Star Academy était resté à l’antenne, je ne pense pas que Nikos aurait cessé de l’animer.
- Vous avez récemment déclaré avoir d’ores et déjà laissé une trace dans l’histoire de la télévision en étant le premier animateur à avoir présenté une émission de téléréalité en France avec Loft Story. Ne pas tomber dans l’oubli, est-ce donc cela votre moteur ?

 

Dans ce milieu, nous ne sommes pas si nombreux à pouvoir dire qu’on se souviendra de nous dans trente ou quarante ans. L’animateur est plus que jamais « consumable », avec une date de péremption sur le front. Qui se souvient aujourd’hui du nom de celui qui présentait Une famille en or ? Dans trente ans, on me retrouvera certainement dans le jeu Trivial Pursuit cité en tant qu’animateur de la première émission de téléréalité en France. C’est une fierté assumée. Je suis le Léon Zitrone de l’an 2000 !