Christophe Hondelatte : «Je ne suis pas complètement fou !»


Par publié le 22/09/2014 à 10h44


L’ex-présentateur de Faites entrer l’accusé a intégré BFM TV pour présenter le 20 h du week-end et un débat sur l’actualité. Confession d’un homme sensible et controversé.

- Ce retour à l’actualité pure et dure est-il un choix ?

 

Je baigne dans l’actualité depuis 1981, ça fait trente-trois ans ! J’étais super content de faire du reportage ces deux dernières années. Cela ne m’a pas du tout traumatisé d’être en retrait. Mais l’an dernier, l’actualité m’a manqué. J’ai adoré faire des reportages en immersion pour 13e Rue, mais faire des enquêtes que personne ne regarde, j’ai du mal… J’ai animé la matinale de RTL, avec des quarts d’heure à 2 millions d’auditeurs, et avec Faites entrer l’accusé, on est monté jusqu’à 4 millions. Avec 13e Rue, on en était seulement à 80 000… Pour le travail que cela demande, c’est dommage.

 
- Est-ce BFM TV qui est venue vous chercher ou l’inverse ?

 

J’avais envie de revenir à un grand media. Je dois ce retour à Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM TV, qui était mon patron à RTL. Il sait qui je suis. Il sait que je ne suis pas complètement fou et qu’on peut travailler avec moi.

 
- À propos, d’où vient l’idée que vous êtes ingérable ?

 

C’est sans doute à cause de mes départs ! Ils laissent à penser que je peux être fou. D’abord, il y a l’arrêt du 13 h de France 2, puis mon départ de Faites entrer l’accusé, alors en plein succès… Tout le monde dit qu’il faut arrêter tant que ça marche, mais personne ne le fait, sauf moi. Et cela ne plaît pas à tout le monde !

 
- Et votre départ de RTL ?

 

Je n’ai jamais eu l’occasion de l’expliquer, pour une bonne et simple raison, c’est que j’ai été viré ! Même si ce n’est pas ce qui a été dit. Il y a des animateurs qui disent aussi qu’ils partent de leur plein gré alors qu’on les a virés ! J’ai été viré parce que j’étais en désaccord avec la direction de RTL sur la manière de revenir en première ligne. Ce que je constate, c’est que depuis, ils ne sont pas remontés.

 
– Intégrer une chaîne d’info, où des pressions peuvent s’exercer, est-ce possible pour vous ?

 

Toute ma vie, je n’ai jamais vécu que dans l’indépendance. Asseyez-vous une heure dans la rédaction de BFMTV et vous verrez… Je ne sais pas à quel moment il peut y avoir le début d’un embryon de pression. Les gens qui fabriquent l’info, ce sont des petites mains. C’est une ruche. Cela fait quinze ans que j’avais un bureau individuel, et là il n’y a pas de bureau attribué, je suis obligé de me trouver une table tous les jours. C’est un lieu où règne l’indépendance. Ce n’est pas moi qui vais changer BFM TV, c’est plutôt BFM TV qui va me changer.

 
- On dit que BFM TV est une chaîne loin d’être neutre politiquement… Cela vous heurte ?

 

Toute ma vie on m’a dit : « Ah ça y est, on vous a débusqué, vous êtes un chiraquien déguisé », « Vous êtes un sarkozyste ! » ou « Salopard, vous détestez Sarkozy ! »… Tous les jours, l’accusation est différente. Honnêtement, les gens qui me connaissent savent que je n’ai pas de passion politique. Je ne suis pas partisan. J’aime les gens d’abord et les actes plus que les idées. Posez la question à Jean-Luc Mélenchon ! Sur RTL, c’était le seul endroit où il voulait venir, parce qu’il se sentait respecté.

 
- Vous êtes donc encore capable de changer !

 

Oui, je vais m’adapter ! Je rejoins une machine qui fonctionne très bien, je ne vais pas tout chambouler, au contraire ! Et j’ai déjà changé : avec la multiplication des crises ces dernières années, j’ai bien senti que je perdais pied. Ces deux ans m’ont permis de faire le point. Honnêtement, BFM a fait un bon investissement, car je pense que je suis au top de ma forme… et ils ne m’ont pas payé cher ! (Rires)