Renaud Lavillenie, il met la barre encore plus haut


Par publié le 23/08/2015 à 09h00


Le lundi 24 août, sur les coups de 12h05 (heure de Paris), Renaud Lavillenie, recordman du monde en salle avec 6,16 m depuis 2014, tentera de décrocher la couronne mondiale en plein air, la seule qui manque à son palmarès.

Après un début de saison estivale décevant, voire inquiétant, Renaud Lavillenie a remis les pendules à l’heure le 25 juillet au meeting de Londres en franchissant 6,03 m, sa meilleure performance de l’été. Certains membres de l’équipe de France osent même ce mot : « Renaud, il a une perche d’enfer ! » Le perchiste semble à nouveau serein : « Ce concours londonien a conforté mes ambitions. Pour Pékin, je suis plus tranquille. Je sais que je suis capable de sauter 6,10 m ou 6,15 m cet été. À cette hauteur-là, il n’y a pas d’erreur acceptable, il faut que tout soit réglé aux petits oignons. » Renaud Lavillenie tient cependant à garder la tête froide : « On a un peu trop tendance à dire qu’il n’y a pas le niveau derrière moi. C’est faux. Des jeunes comme Konstadinos Filippidis [Grèce, NDLR], Shawn Barber [Canada] ou Thiago Braz [Brésil] prouvent que la perche est loin d’être morte ! Cette concurrence, cela permet de se sublimer encore un peu plus. Mais je suis humain, j’ai le droit de perdre aussi. »

MORDU DE MOTO

Même s’il a pris une autre dimension, depuis son record du monde, tant sur le plan sportif que médiatique et financier, Renaud Lavillenie n’a pas changé. Il vit toujours dans sa maison de Clermont-Ferrand avec sa compagne Anaïs, a toujours le même sautoir dans son jardin et mène une vie presque banale en dehors des stades. Mais au-delà du saut à la perche, c’est surtout d’adrénaline dont le champion raffole. Pour preuve, ce fou furieux de moto a poussé l’audace jusqu’à participer aux 24 heures du Mans en 2013, terminant à une honorable 25e place. Le perchiste mène ses deux passions en parallèle : « À la perche, si on ne veut pas se faire peur, on ne saute pas très haut. En moto, c’est pareil. Si on veut des sensations, on n’hésite pas à se déhancher ou à mettre le genou au sol dans les courbes. Plus on est technique, plus on se fait plaisir et plus les sensations viennent rapidement.» Qu’est-ce qui le motive depuis bientôt vingt-neuf ans ? Sa réponse est limpide : « Parfois, on peut croire que l’on a atteint ses limites. Mais en fait, il est possible de les repousser encore un peu. ».

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