Le rugby, sport de filles ?


Par publié le 15/07/2014 à 12h41


Coup d’envoi de la Coupe du monde de rugby à Paris. Une discipline qui est loin de faire l’unanimité, même dans faire l’unanimité, même dans le monde de l’ovalie.

Depuis 1989, date de son intégration à la Fédération, le rugby féminin tente de trouver sa place dans l’histoire du sport français. Un essai transformé, puisque notre pays organise la 7e Coupe du monde, du 1er au 17 août, avec une bonne chance de victoire. Mais, coup dur pour les Tricolores, Marie-Alice Yahé, capitaine de l’équipe (47 sélections), a dû mettre un terme à sa carrière, à seulement 29 ans, après avoir subi «des KO à répétition».

 

«J’avais dû attendre un mois pour récupérer de ma dernière commotion, explique la jeune femme. Et encore un autre pour avoir l’avis de différents spécialistes. Ils ont pris la décision de stopper ma carrière, car continuer aurait pu devenir dangereux pour ma vie.» Des autorités médicales statuant également chez les garçons ont fait un constat alarmant : les chocs à répétition sont de plus en plus nombreux pendant les rencontres, avec des conséquences dramatiques.
Une passion féminine

 
Alors pourquoi les filles s’obstinent-elles ? Marie-Alice Yahé, compagne de l’international français de rugby Lionel Beauxis, préfère recentrer le débat : «Dans le rugby féminin, féminin n’est qu’un adjectif. Nous avons un bon niveau et notre jeu est basé sur la vitesse et l’évitement, des notions que beaucoup regrettent chez les garçons. Si les gens sont réfractaires, soit ils n’aiment pas les fi lles, soit ils n’aiment pas le rugby.» Que tous ceux qui voient dans le rugby à XV un sport d’hommes se détrompent.

 

La passion du ballon ovale se décline aussi au féminin. Et pas question de faire de l’humour. La marque de biscuits BN l’a appris à ses dépens après la diffusion d’une publicité jugée sexiste : «Le rugby féminin existe… ça s’appelle les soldes !», lui a valu un tollé général, même chez les hommes.