La France atteinte de « Fièvre verte »


Par publié le 18/10/2014 à 09h17


Les épopées européennes des Verts de Saint-Étienne ont tenu en haleine la France durant les années 1970. Et les maudits poteaux carrés de la fi nale de Glasgow, le 12 mai 1976, hantent toujours les mémoires…

Depuis l’épopée du Stade de Reims du grand Raymond Kopa et une première finale en 1955, aucun autre club français n’avait pu rivaliser avec les clubs européens. À tel point que pour une équipe française, passer un seul tour en Coupe des clubs champions, était considéré comme une grande performance.

 

Dans les années 1960, l’Association sportive de Saint-Étienne pointe le bout de ses crampons et remporte quatre fois le championnat entre 1967 et 1970. Premières apparitions sur la scène européenne et, à chaque fois, grosses désillusions. En 1972, un jeune entraîneur, Robert Herbin, ancien demi-défensif du club, prend les rênes de l’équipe. Une nouvelle page de l’histoire du club s’ouvre, sans doute la plus belle.

 

Qui c’est les plus forts ?

 

Pourtant éliminés en demi-fi nale en 1975, les Verts déclenchent déjà les passions. À l’époque, même ceux qui ignoraient ou méprisaient le football furent atteints par cette «Fièvre verte» pendant la campagne 1976. Drapeaux, maillots, perruques crépues vertes… la boutique du club est vite en rupture de stock. Après avoir éliminés successivement Copenhague, les Glasgow Rangers, Kiev et Eindhoven, c’est la grande fi nale face au Bayern Munich, le double tenant du titre. En cours d’année, un refrain écrit et lancé par le chanteur Monty est dans toutes les têtes : Allez les Verts, avec ses prometteuses paroles «Allez, qui c’est les plus forts ? Évidemment, c’est les Verts. On va gagner, ça s’est juré… Allez les Verts…» Le refrain est repris par des millions de supporters : la France est verte.

 

Et le 12 mai 1976, plus de 20 millions de téléspectateurs français regardent la brillante équipe stéphanoise – Curkovic, Bathenay, Janvion, Piazza, Lopez, Larqué, les frère Revelli… – rentrer sur la pelouse d’Hampden Park, à Glasgow. Hélas, «L’Ange vert» Dominique Rocheteau, blessé, n’est pas présent en début de match… Hélas, les Verts se cassent les dents sur l’impitoyable réalisme du Bayern Munich : 1-0, but de Roth à la 54e minute… Pourtant, à la 34e minute, Dominique Bathenay avait balancé un missile sur la barre transversale. Même scénario à la 39e sur une tête de Jacques Santini… La légende des «poteaux carrés» est née. Et s’ils avaient été ronds ? Oui, bien sûr, les ballons seraient rentrés !

Inter Milan – Saint- Etienne – Jeudi 23 octobre – W9 – 20h50