Biathlon – Simon et Martin Fourcade : frères et rivaux – Sport


Par publié le 27/02/2015 à 02h00


Les championnats du monde de biathlon à Kontiolahti, en Finlande, nous donneront encore l'occasion d'admirer les performances des Fourcade : Simon est l'aîné, mais c'est Martin le leader incontestable de l'équipe de France. Une situation parfois déli

D’un côté, il y a Simon, 29 ans, avec «seulement» un titre de champion du monde, en 2009, en relais mixte, et une médaille d’argent aux Mondiaux de 2011. De l’autre, il y a Martin, 26 ans, et son impressionnant palmarès : 2 titres olympiques, 5 titres de champion du monde, 36 victoires en Coupe du monde, 13 globes de cristal (donnés au premier du classement annuel de la Coupe du monde), sans compter les médailles d’argent ou de bronze glanées dans toutes les disciplines du biathlon. Inséparables, les frères Fourcade ont pourtant connu une crise en 2010, aux jeux Olympiques de Vancouver, lorsque Martin décroche une médaille d’argent en Mass Start. «Pendant que Martin recevait sa médaille, se souvient Simon, j’étais en pleurs. De joie pour lui, de rage pour moi. Vincent Defrasne [champion olympique en 2006, NDLR] allait arrêter la compétition et j’allais devenir le N°1 français. Martin a bousculé tous mes plans. Je savais qu’il était précoce, mais je pensais qu’il me laisserait deux ou trois ans.» Martin, beaucoup plus calme, a toujours tenté de relativiser les choses… sans pour autant faire des états d’âme.

Biathlètes et frères

«Dans toutes les familles, deux frères, ça se chamaille, il y a des hauts et des bas, ça évolue, mais avec le sport de haut niveau, tout est exacerbé, explique-t-il. Il faut arriver à séparer famille et compétition. Pour moi, la distinction a toujours été claire : entre frère et adversaire, il n’y a aucune ambiguïté. Sur la piste il n’y a ni frère, ni ami. Je veux gagner !» La supériorité de Martin est difficile à vivre pour son aîné… «On sort du même ventre, on a les mêmes gènes, alors pourquoi lui et pas moi ? s’interroge encore Simon. C’est dur de voir le petit frère arriver et tout gagner. Il y avait peut-être un peu de jalousie. J’ai même voulu m’écarter du groupe pour ne plus croiser son chemin. Dans l’histoire, son seul tort est d’être plus fort que moi.» C’est Martin qui a le dernier mot : «Quand on coupe avec la compétition, j’ai besoin, comme lui, d’oublier le biathlon. On ne part donc pas en vacances ensemble, pour éviter d’en parler. Mais nous avons plaisir à nous retrouver pour les repas de famille et nous mangeons toujours l’un à côté de l’autre. Un jour, nous cesserons d’être biathlètes, mais nous serons toujours frères.».