Jean-Marie Bigard : «Le rire en France est en pleine régression»


Par publié le 15/09/2014 à 11h55


Le cap de la soixantaine n’a pas fait perdre à l’humoriste, aujourd’hui papa comblé, son franc-parler légendaire.

- Avoir 60 ans, ça vous inspire quoi ?

 

Je suis comme Sacha Guitry, je n’ai pas 60 ans, mais cinquante-dix ans ! Aujourd’hui, avoir 60 ans, ce n’est quand même plus tout à fait la même chose qu’à l’époque de nos parents ou de nos grands-parents. Ce qui est une bonne chose, car je suis quand même le papa de jumeaux de 18 mois. Et croyez-moi, j’ai bien l’intention de jouer au foot avec eux quand ils seront plus grands. Mes bébés, c’est vraiment la meilleure pilule anti-âge qui soit !

 
- En quarante ans de carrière, y a-t-il un sketch que vous regrettez ?

 

Non, aucun.

 
- Même Le Lâcher de salopes ?

 

Surtout Le Lâcher de salopes ! Ce sketch, c’est vraiment la preuve que le rire en France est en pleine régression. Car pendant douze ans, il n’avait posé de problèmes à personne. Et là, récemment, alors que je devais passer dans l’émission de Patrick Sébastien, les gens du service public ont eu peur et ont demandé que je fasse ce sketch après 22h00. Autant interdire aux gens d’être humoristes, ça ira plus vite…

 
– Comment avez-vous vécu les critiques qui ont accompagné votre carrière, notamment celles qui pointaient du doigt le caractère graveleux de votre humour ?

 

 

J’en ai voulu aux journalistes de venir à mes spectacles dans le seul but de me démonter, sans même prendre la peine de raconter ce qu’il se passait vraiment dans la salle. Ils n’écrivaient pas dans leurs papiers que la salle était pleine à craquer et que les gens pleuraient de rire. Après, je vous avoue qu’aujourd’hui, ce genre de critique me passe au-dessus de la tête. Je n’en ai rien à faire. Je rappelle simplement qu’il ne suffit pas d’égrener des insanités pour faire rire. Entre chacun de mes mots grossiers, il y a un coeur d’artichaut.

 

 
– Quelle est la chose dont vous soyez le plus fier ?

 

De toute évidence, mon spectacle au Stade de France. C’était une performance unique. Je crois que jouer devant 52 000 personnes, aucun humoriste ne l’avait jamais fait. C’était une performance technique incroyable. On a réussi à mettre tout le monde à 20 mètres du son. Du coup, les gens réagissaient tous en même temps. À chaque fois que le public riait, je prenais une véritable claque de rires sur la tête.

 
- Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

 

J’ai simplement envie de vieillir avec mon public, de le faire rire avec mon âge. D’ailleurs, je travaille actuellement sur un spectacle qui devrait arriver courant 2015. Je ne vous en dit pas plus car je veux que ça reste une surprise. Je peux simplement vous dire que ce sera très différent de ce que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. Je vais vous surprendre !