Versailles : le rêve américain de Canal+


Par publié le 25/11/2015 à 12h14


Qui a dit que les séries américaines étaient au-dessus du lot ? Avec Versailles, place à la démesure, à l’image de son héros Louis XIV. Canal + a misé gros, très gros, espérant ainsi séduire les États-Unis. La première mondiale a même eu lieu à Los Angeles.

Cette série de prestige suit la jeunesse de Louis XIV qui décida au XVIIe siècle de lancer la construction de Versailles pour imposer sa puissance absolue. Une relecture moderne des intrigues de la cour, mélange de festivités luxueuses, rivalités amoureuses et thriller politique. Mais on le sait déjà, un bon scénario n’est pas un élément suffisant pour conquérir le marché américain. Des séries bien écrites, on en a quelques-unes en France mais elles ne parviennent pas pour autant à passer les frontières. Pour Versailles, Canal + a donc décidé de mettre les bouchées doubles. À commencer par le choix des deux showrunners Simon Mirren (Esprits criminels) et David Wolstencroft (MI-5). Tout en respectant l’Histoire, les scénaristes jouent avec elle, traitant Louis XIV comme un héros de série, dressant du jeune monarque un portrait original, loin des représentations souvent conventionnelles du Roi- Soleil. Ils ont aussi mêlé personnages imaginaires, rumeurs, voire légendes comme celle d’une enfant métisse de la reine Marie-Thérèse d’Autriche, avec des faits historiques avérés.

Un sujet universel aux diverses intrigues

«Versailles est une histoire universelle de pouvoir, de trahison et de famille, expliquent les deux showrunners. Quant aux diverses intrigues, elles ne font que commencer». Une promesse qu’ils vont pouvoir tenir puisque la saison 2 a d’ores et déjà été commandée. Pour soutenir la comparaison avec les séries du câble outre-atlantique, il fallait aussi un casting international avec notamment George Blagden (Vikings) qui interprète Louis XIV et Alexander Vlahos (Merlin et Privates) dans le rôle de Monsieur, le frère du Roi. Dominique Blanc interprète Anne d’Autriche et Amira Casar, Béatrice, une courtisane. Sans compter une très jolie brochette de jeunes comédiens qui forment la cour de Versailles. Leur but ? Rester dans la lumière, celle du roi Soleil. Si les aspirations de certains sont pures, d’autres sont prêts à tout pour assurer leur place au château, quitte à trahir le roi lui-même. Mais qui saura avancer son pion ? Composée d’acteurs anglais, français et irlandais, la série a été tournée en anglais, un choix qui a aussi l’avantage de favoriser un financement international.

Un budget royal

N’ayons pas peur des chiffres ! Avec 27 millions d’euros pour dix épisodes, il s’agit de la série la plus chère de l’histoire de la télévision française. Un épisode d’une série française coûte en général 1,3 million d’euros. Dans le cas de Versailles, c’est donc deux fois plus cher. Il faut dire que le décor est à la hauteur des ambitions de la série et ne peut laisser personne indifférent De nombreuses scènes ont d’ailleurs été tournées dans le château de Versailles même. Tout a été mis en oeuvre pour que la série puisse rapidement rentrer dans ses frais. C’est cher, c’est vrai, mais pas de quoi inquiéter le président de la société de distribution Zodiak qui affirme déjà : «La série va être amortie financièrement. Elle a été achetée dans toute l’Europe et les producteurs et distributeurs discutent à présent avec les acheteurs potentiels aux États-Unis et en Asie». Si le succès est au rendez-vous, Versailles deviendrait ainsi une très belle vitrine pour la fiction française.

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