Sara Martins (Meurtres au paradis) : « Je rêve d’une comédie romantique ! »


Par publié le 27/07/2015 à 06h31


Malgré le succès grandissant de la série Meurtres au paradis, dont France 2 diffuse actuellement la saison 4, la charmante comédienne Sara Martins, curieuse de découvrir de nouveaux horizons, ne jouera bientôt plus le sergent Camille Bordey. Explications.

– Pourquoi votre personnage, Camille Bordey, va-t-elle quitter la petite commune (fictive) de Sainte-Marie ?

Elle est envoyée à Paris, où elle va occuper un nouveau poste, mais ce n’est peut-être qu’un au revoir, pas un adieu définitif !

– C’est-à-dire ?

Elle ne disparaît pas comme son collègue en début de saison 3 sous des coups de pics à glace (rires) ! Ce qui laisse une possibilité de retour, mais pour un ou deux épisodes seulement.

– Ce qui veut dire que les auteurs et la production pourraient l’envisager ?

Je suis partie de la série en bons termes avec tout le monde, donc tout est possible. Le départ de mon personnage fait partie des surprises de cette saison 4. Il y a des arrivées aussi, comme celle de Joséphine Jobert à qui je passe le relais. La trame d’un épisode est assez classique, c’est donc dans les rapports entre les personnages que se trouvent les nouveautés. C’est bien qu’il y ait du sang-neuf !

– Mais pourquoi avoir choisi de partir au bout de trois ans et demi de collaboration ?

J’avais un peu fait le tour de mon personnage, la relation avec son partenaire n’allait pas vraiment évoluer, j’avais abattu toutes mes cartes. Quand c’est comme ça, il faut passer à autre chose.

– Ben Miller, votre binôme sur les deux premières saisons, avait aussi choisi de partir en 2014… Deux départs en deux ans, il y a de quoi se poser des questions, non ?

Ben a choisi de partir pour des raisons personnelles, il venait d’être papa et ne se voyait pas absent de chez lui six mois par an. Car une saison, c’est six mois de tournage. En l’occurrence en Guadeloupe, où il souffrait particulièrement de la chaleur. Me concernant, quatre ans de bons et loyaux services, ça suffisait.

– Même si c’est au détriment d’une carrière internationale ? Puisque vous avez tourné en anglais…

Oui et c’était un défi . Et je me doublais moi-même dans la version française. J’ai l’habitude du doublage pour avoir doublé régulièrement Zoé Saldana. Et là c’est un travail de réinterprétation. La langue anglaise est plus musicale que le français, une langue plus droite. Je ne raisonne pas forcément en termes de carrière, je fonctionne à l’envie.

– Vous n’aimez pas être enfermée dans un rôle, dans des habitudes ?

Ce n’est pas ça. Si comme dans Grey’s Anatomy, les personnages avaient eu la possibilité de tout vivre en dix ans, je n’aurais pas dit non. Mais là, ce n’est pas le cas.

– Qu’est ce qui explique le succès de cette série, surtout au Royaume-Uni ?

Elle a un charme un peu désuet, les épisodes sont construits de façon classique, l’énigme est résolue à la fin, façon Hercule Poirot. C’est une sorte de Cluedo. Rien à voir avec NCIS ou Les Experts. Et c’est ce qui plaît aux Anglais. C’est un plaisir coupable auquel ils se livrent volontiers. La série, en plus, passe là-bas en plein hiver : quoi de mieux que le soleil des Caraïbes pour fuir la morosité du mauvais temps !

– En France, les audiences sont plus nuancées quand même, non ?

La série a très bien marché l’an dernier, malgré la Coupe du monde. On avait quelques interrogations, surtout que le personnage principal disparaissait très vite, mais le public était là.

– Le rôle de Camille Bordey tranche avec vos rôles habituels. Cela restera-t-il un bon souvenir ?Bien sûr, c’est la première fois qu’on me confiait un rôle comique. Le fait de jouer dans une langue étrangère était aussi désinhibant, ça me permettait de trouver des gags.

– Votre rôle dans Pigalle, la nuit n’était-il pas encore plus marquant ?

C’était une expérience incroyable. J’avais à faire à une femme très sexuée. Ce rôle m’a féminisée. C’était une femme qui prenait plaisir à donner du plaisir. Et puis cette immersion dans ce quartier… On était en 2008, 2009 au début des belles années des séries de Canal + comme Braquo ou Maison close…

– L’idéal, ce serait donc pour vous un prochain rôle… comique dans une série un peu « glauque », non ?

Pourquoi pas ! J’aime beaucoup en ce moment une série produite par Tim Robbins, The Brink, un peu dans cette tonalité-là.

A VOIR :

Meurtres au paradis

Saison 4, tous les lundis à 20 h 55 sur France 2

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