Mathilde Seigner (Sam) : « J’ai vraiment regretté mes coups de gueule »


Par publié le 27/04/2016 à 12h00


Mathilde Seigner est Sam, l'héroïne d'une série atypique et impertinente qui lui ressemble beaucoup. Pourtant, la comédienne reconnaît s'être beaucoup assagie au cours de ces dernières années !

– C’est votre première collaboration avec TF1 ?

Oui et j’en suis ravie, car c’est une série moderne et pas politiquement correcte. Je suis même presque étonnée que ce soit pour TF1. En fait, au départ, les productrices cherchaient une sorte de Mathilde Seigner, mais pas connue et finalement la réalisatrice Valérie Guignabodet leur a dit qu’elle était copine avec la vraie.- Sam est une adaptation de la série danoise Rita.

  • – L’avez-vous vue ?
  • Je l’ai regardé après le tournage de Sam et effectivement ce n’est pas très loin de la nôtre. La différence, c’est que l’on a enlevé des dialogues un peu trop crus pour ne pas choquer. Je ne voulais surtout pas m’inspirer de Rita car cela m’aurait freiné.
  • – Sam, votre personnage, vous ressemble- t-elle beaucoup ?
  • Elle dit ce qu’il faut dire, elle fait ce qu’il ne faut pas faire. Elle ne se donne pas un genre. Elle est attachante, mais aussi «attachiante». C’est tout de même un personnage assez copiécollé avec moi. La seule chose que je ne partage pas du tout avec elle, c’est son métier de prof. D’ailleurs je n’aimais pas du tout l’école quand j’étais jeune. Ça me donnait le cafard.
  • – Il y a tout de même des choses que vous n’aimez pas trop dans sa personnalité ?
  • Oui, elle a une sexualité très masculine et moi, je suis très romantique. Et puis, elle ne cuisine et cela me gêne. C’est sans doute mon côté vieille France, mais je pense que les femmes doivent savoir préparer des repas pour leurs enfants.
  • – Vous pensez que ce genre de série peut attirer un jeune public ?
  • J’ai le sentiment que ça va plaire surtout aux jeunes filles. Il y a un ton pour les gamins, comme on en voit peu dans les séries françaises.
  • – Une saison 2 est-elle prévue pour Sam ?
  • Sans doute, mais sans moi. Ils veulent la faire très vite mais je n’ai pas le temps et pas l’envie. Et puis comme Valérie Guignabodet nous a quittés, c’est réglé. Six épisodes, c’est déjà pas mal. Ça m’a fait vraiment plaisir mais cela me suffit. Je préfère tourner des unitaires, c’est beaucoup moins crevant.
  • – La télévision vous fait les yeux doux depuis le succès de Flic tout simplement.
  • C’est peu dire, on m’a proposé une dizaine de téléfilms depuis la diffusion. J’en ai accepté trois qui m’intéressent mais pas plus. Je ne veux pas faire que de la télévision, car je suis aussi une comédienne de cinéma. Et quoi que l’on en dise, le cinéma reste quand même plus prestigieux.
  • -On vous a longtemps catalogué comme une rebelle. L’êtes-vous toujours aujourd’hui ?
  • Avec l’âge, on s’assagit et à un moment donné on comprend que cela ne sert à rien. Je ne pousse plus de coups de gueule car après je regrette et franchement j’ai trop regretté. D’autant plus avec cette maudite machine qui s’appelle Internet et que moi j’appelle «Interpasnet». Elle répand et déforme tout. Moi je ne l’ai pas, comme ça, je suis tranquille. De toute façon, je n’ai jamais aimé toute cette modernité. Facebook, ça ne fait pas longtemps que je sais ce que c’est et je trouve ça totalement inutile.
  • – Regardez-vous quelquefois la télévision ?
  • Je regarde tout à la télé, j’adore ça. J’aime bien Top Chef. L’amour est dans le pré, c’est dur à louper pour moi. Et puis Money Drop, dès que je peux, je regarde presque tous les soirs cette émission-là.
  • -De quoi avez-vous envie aujourd’hui ?
  • J’ai vraiment hâte de retourner des rôles proches du terroir, un peu comme celui d’Une hirondelle a fait le printemps. Ça me plairait tellement ! Mais avant, je vais jouer dans la suite de Boule et Bill, avec Franck Dubosc. J’y reprends le rôle de la maman initialement incarnée par Marina Foïs. Il y a aussi Retour chez ma mère, un long métrage d’Éric Lavaine, qui sort le 1er juin et dans lequel je donne la réplique à Alexandra Lamy et Josiane Balasko.