Malaterra : le broadchurch à la française


Par publié le 11/11/2015 à 04h00


Quelques mois après la diffusion sur la chaîne de la deuxième saison du feuilleton anglais, c'est au tour de son excellente déclinaison hexagonale d'arriver sur nos écrans.

Succès planétaire, Broadchurch n’en finit plus de faire des petits. Pas échaudée par l’échec de Gracepoint, le remake qu’en ont livré les Américains l’an dernier, France 2 a à son tour décidé d’accoucher de sa propre transposition de la série née outre-Manche. Avec cette version «made in France», on change radicalement de cadre. Exit les brumeux horizons anglais : l’intrigue s’y déroule sous le soleil d’une petite cité corse où tout le monde semble se connaître et s’apprécier. La mort de Nathan Viviani, 10 ans, dont le corps est retrouvé un matin au bord d’une plage, sonne donc comme un coup de tonnerre dans un ciel radieux. Lequel de ses habitants a pu commettre ce geste innommable ? Qui, dans cet Éden, est assez démoniaque pour assassiner un enfant ? Ce sont Karine Marchetti, flic locale, et Thomas Rotman, son supérieur fraîchement nommé et venu du continent, qui vont être chargés de le découvrir. Encore compliquées par le culte du secret en vigueur sur l’île de Beauté, les investigations vont plonger nos enquêteurs dans les méandres les plus obscurs de l’âme humaine et ne seront pas sans conséquence sur les certitudes de l’un et de l’autre…

Un jeu d’acteurs efficace

Un tandem policier qu’incarnent Simon Abkarian, colosse déjà vu dans Kaboul Kitchen, et Constance Dollé, que le public suit depuis 2010 dans Un village français. Deux acteurs qui n’ont rien à envier à David Tennant et Olivia Colman, les interprètes de Broadchurch, tant leur jeu est riche de nuances et de sensibilité. Le reste du casting est à l’unisson, avec notamment Nicolas Duvauchelle, souvent abonné aux rôles de bad boy, qui surprend ici dans la peau du papa dévasté, et Louise Monot, en mère courage, qui lutte pour ne pas se laisser détruire totalement par la perte de son fils. Fidèle à l’original sans pour autant être dans le copié-collé, cette sombre et belle production réalisée par Jean-Xavier de Lestrade devrait donc aimanter aussi bien les téléspectateurs qui ont apprécié Broadchurch que ceux qui ne l’ont jamais regardée… Et devrait également permettre à France 2 de poursuivre sur sa lancée, après les succès des sagas Disparue et Dix pour cent.

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