Le passager, un polar très atypique sur France 2


Par publié le 03/11/2015 à 09h30


Jean-Hugues Anglade interprète ici un psychiatre en quête de vérités qui ne sont pas toutes bonnes à chercher… Cette série est une adaptation audacieuse en six épisodes du roman éponyme de Jean-Christophe Grangé.

Si l’on vous dit que c’est l’histoire d’un psychiatre et d’une capitaine de la brigade criminelle confrontés à une série de crimes s’inspirant de la mythologie grecque, il y a fort à parier que vous allez être un peu perdus, mais certainement très intrigués. Rien de plus normal puisqu’il s’agit de l’adaptation du roman Le Passager, de Jean-Christophe Grangé. Et pour la première fois, l’auteur a adapté lui-même son histoire de A à Z pour le petit écran. « C’est un univers fort avec des personnages énigmatiques qui portent tous des secrets », explique-t-il.

Mathias Freire, un personnage aux multiplex facettes

Plus habitué aux rôles de flic, Jean-Hugues Anglade passe cette fois de l’autre côté : « Le psychiatre que je joue glisse à chaque épisode dans une autre destinée, vers des personnages atypiques. » Il est vrai que ce Mathias Freire ne sait plus lui-même qui il est ni même ce qu’il a fait par le passé. Jean-Hugues Anglade passe d’un personnage à un autre et on y croit, car il n’y a rien de caricatural. Même si ce personnage se découvre de multiples personnalités, il reste le psychiatre que nous suivons dès le début : ce n’est pas parce qu’il se découvre un jour espion qu’il sait aussitôt se battre. On a d’ailleurs une vraie empathie pour lui car le télé spectateur est toujours placé dans la même situation que le héros. Cette quête d’identité se poursuit au fil de la série, même si les clés se révèlent bien sûr les unes après les autres. Pas de complaisance avec la violence, pour une fois, « univers Grangé » oblige ! « Mes meurtres sont en général assez gratinés, raconte ce dernier, mais il y a dans cette série un esthétisme qui fait que ça passe beaucoup mieux. » Et c’est vrai qu’il y a un beau travail de ce côté-là.

Un polar très sombre

L’ensemble est très sombre, alors comme dans tout bon polar, il fallait aussi un personnage plus solaire : Anaïs, interprétée par Raphaëlle Agogué. Comme le dit le réalisateur Jérôme Cornuau : « Il y a vraiment l’ombre et la lumière dans cette série. » C’est l’un des gros changements par rapport au livre : dans celui-ci, les deux héros se pourchassent sans se rencontrer, alors que dans la série, il y a très rapidement un rapprochement. Vous l’aurez compris, Le Passager ne ménage pas les retournements de situations efficaces qui donnent envie d’y revenir la semaine suivante, d’autant qu’il y a un très bon cliffhanger à la fin de chaque épisode… et qu’une ouverture lors du sixième et dernier laisse à penser qu’une suite n’est pas improbable. Même si au final c’est l’adhésion des téléspectateurs qui en décidera, Jean-Christophe Grangé a d’ailleurs affirmé avoir déjà quelques idées en tête…

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