Jamel Debbouze «Rire et faire rire est pour moi un vrai moteur»


Par publié le 01/12/2015 à 02h55


L'acteur et réalisateur devient producteur pour porter sur les fonts baptismaux La Petite Histoire de France, une série courte consacrée à des glorieux inconnus qui auraient mérité (ou pas) de passer à la postérité. Rencontre

– Quelle inspiration a donné naissance à cette fiction ?

L’idée, c’était de raconter la grande histoire par la petite porte. On voulait faire la part belle aux lambdas de celle-ci. L’histoire me passionne car je trouve qu’elle permet d’analyser notre présent. Ainsi, le racisme contre les Bretons que nous évoquons parle de lui-même… Et puis rire et faire rire est pour moi un vrai moteur.

-Avez-vous été présent à chaque étape de l’élaboration de ce programme ou avez-vous délégué des tâches ?

Non, je l’ai vraiment produit entièrement, que ce soit au niveau de la direction artistique, du choix des auteurs ou du casting des comédiens. Je ne suis pas un dictateur mais quand j’ai tort, j’ai besoin qu’on me le prouve !

-Pourquoi La Petite Histoire de France est-elle diffusée sur la chaîne W9 et non pas sur sa grande soeur M6 ?

Parce qu’on a tissé de beaux liens avec cette chaîne. Le truc relou sur M6, c’est que nous aurions été très exposés. Là, sur W9, on a davantage de marge de manoeuvre par rapport à ce qu’on veut exprimer.

– Dans le monde de la télévision, le couperet tombe très vite si on ne réalise pas des audiences assez élevées. Est-ce quelque chose qui vous fait peur ?

Il y a des choses à parfaire dans La petite Histoire de France, mais il y a aussi des décors superbes, des beaux costumes et des excellents interprètes. Parfois, je mets sur pause et je songe qu’on dirait un tableau de Rembrandt (rires). J’espère donc que les gens seront suffi samment intelligents pour nous donner le temps de nous installer.

-Cette série a des ressemblances assez nettes avec Kaamelott et Scènes de ménages. Est-ce des filiations que vous assumez ?

Oui, on a le droit de copier si on imite les meilleurs…. On les avait en ligne de mire, comme «lièvres». Du coup, j’ai eu souvent envie de me mettre une moustache et de débarquer devant la caméra, mais il y avait un truc fragile à respecter. Alors, j’avais seulement le droit de m’asseoir à la table-régie !

-La Petite Histoire de France a-t-elle seulement vocation à amuser ou désirez-vous apprendre quelque chose au public à travers ce format ?

Non, c’était également important pour moi de donner aussi des capsules de sens. Notre but, c’était de respecter au maximum les époques évoquées et évidemment d’en profiter pour véhiculer certains messages…Gare à vous, Lorant Deutsch et Stéphane Bern, nous voilà !

-Pour quelle période avez-vous le plus d’affection ?

J’apprécie les trois que l’on a mises à l’écran mais j’aime particulièrement l’ère napoléonienne. Dans un autre registre, j’ai aussi beaucoup fréquenté Versailles, qui est à cinq kilomètres de Trappes où j’habitais, parce que c’est là où on allait draguer des meufs quand j’étais ado. Ça m’a quand même permis de découvrir Lully et Molière (rires) !

-Il y a dix-sept ans, c’est avec H, une autre série, que vous avez marqué les esprits. Que vous reste-il de cette expérience aujourd’hui ?

On m’en a encore parlé dans la rue ce matin. Je suis très fier de H car j’ai l’impression d’avoir participé à quelque chose qui va rester. Si c’était à refaire, je le referais demain. À bon diffuseur, salut !

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