Shortcoms : Moins c’est long, plus c’est drôle


Par publié le 26/04/2015 à 06h08


S’il y a un domaine dans lequel les Français n’ont rien à envier aux Américains, c’est bien celui des programmes courts. Revue d’effectif de ces « boosters d’audience ».

La belle histoire des formats courts d’humour « Made in France » a commencé le 11 octobre 1999 avec le lancement sur France 2 d’un gars, une fille une pastille quotidienne de six minutes contant la vie d’un jeune couple incarné par Jean Dujardin et Alexandra Lamy, alors aux prémisses de leur notoriété. Cinq millions de téléspectateurs journaliers plus tard, ce format d’origine québécoise a tout naturellement suscité des vocations. Au point que notre petit écran se retrouve aujourd’hui submergé par ce genre télévisuel en pleine expansion. Le groupe M6 est sans conteste le plus prolifi que en la matière avec pas moins de cinq séries diffusées sur ses antennes ces dix dernières années. Tous les soirs, entre quatre et cinq millions de personnes suivent ainsi religieusement les joutes verbales des couples de Scènes de ménages. Un succès comparable à celui rencontré au début des années 2000 par Caméra Café, ou le quotidien d’une bande d’employés de bureau à travers leur rencontre autour de la machine à café, puis par Kaamelott, parodie hilarante de la légende des chevaliers de la Table ronde. La chaîne a également visé juste avec En famille, une plongée dans l’univers délirant d’une smala dans laquelle beaucoup d’entre nous n’ont pas manqué de reconnaître la
leur, mais également Soda – sur M6 puis W9 – mettant en scène le jeune humoriste Kev Adams dans la peau d’un ado parfaitement en phase avec son époque.

POPULAIRE ET RENTABLE

Sans jamais réussir à flirter avec les sommets d’audience atteints par Un gars, une fille, France 2 a malgré tout su se renouveler avec Parents mode d’emploi, autre série familiale emmenée par Alix Poisson et Arnaud Ducret. Longtemps restée insensible à l’exercice du programme court, TF1 a finalement succombé en 2012 avec le lancement de Nos chers voisins, sitcom qui s’attache aux interactions entre les habitants d’un immeuble. Si la plupart des chaînes ont désormais investi ce créneau, c’est avant tout parce que ces shortcoms, généralement diffusées entre 20 h et 20h45, se révèlent être des rampes de lancement idéales pour les lourdes fusées du prime time. Sans parler de l’aspect économique : une minute de Nos chers voisins coûte 5 000 euros, soit quatre fois moins qu’une minute de Joséphine, ange gardien… Un rapport prix/audience gagnant pour des programmes déclinables (en format long) et surtout réutilisables…

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