Roger Hanin – Adieu à Navarro


Par publié le 01/03/2015 à 04h00


Retour sur la carrière du comédien, star du cinéma et de la télévision, disparu le 11 février dernier à l’âge de 89 ans.

«NAVARRO, J’ÉCOUTE !» Prononcée avec autorité à chaque fois que le commissaire Navarro décrochait son combiné téléphonique, cette réplique restera à jamais associée à l’image de Roger Hanin, acteur charismatique à l’accent pied-noir reconnaissable entre mille. C’est grâce au succès de cette série policière que le comédien, né en Algérie le 20 octobre 1925, bâtit une grande part de sa popularité. Entre le 26 octobre 1989 et le 19 avril 2007, cette fiction en 108 épisodes rythma les jeudis soirs de millions de Français – 10 millions parfois – qui aimaient la gouaille de ce flic dur mais juste, entouré d’une bande de «mulets» attachants (Bain- Marie, Auquelin et Blomet, campés par Jacques Martial, Christian Rauth et le regretté Daniel Rialet). Ils aimaient voir cette équipe de fins limiers décompresser au comptoir du bistrot tenu par Ginou (Catherine Allégret, la mère de Benjamin Castaldi). Ils aimaient les instants de complicité entre Navarro et sa fi lle Yolande (Emmanuelle Boidron), sur lesquels s’achevait systématiquement chaque épisode de la série. Parmi les guest apparus au fil des années dans Navarro, citons Gilbert Bécaud, Lucas Belvaux, Dany Boon, Daniel Duval, Guillaume Gallienne, Agnès Jaoui, Michèle Laroque, Olivier Martinez, Ludivine Sagnier, Nils Tavernier, Guillaume de Tonquédec, Gaspard Ulliel, Georges Moustaki ou encore Clovis Cornillac. Une liste symbolisant de la manière la plus éloquente qui soit l’importance de cette fiction – et de son interprète principal – dans le paysage audiovisuel français de l’époque.

LE GRAND PARDON, LA CONSÉCRATION

Si le succès de Navarro a eu pour effet de mettre un coup d’arrêt à la carrière de Roger Hanin sur grand écran, il n’en compte pas moins une fi lmographie plutôt fournie. En 1958, il rencontre Jean Gabin et Danielle Darrieux sur le tournage du Désordre et la Nuit, avant de décrocher son premier grand rôle un an plus tard dans La Valse du Gorille sous la direction de Bernard Borderie. En 1960, il est au générique d’À bout de souffl e et de Rocco et ses frères… Outre Godard et Visconti, il est Le Tigre pour Claude Chabrol dans les années 60, avant de faire ses débuts de réalisateur en 1974 avec Le Protecteur. Sa carrière prend une toute autre ampleur à la fin des années 1970 lorsque Alexandre Arcady lui confie le rôle principal du Coup de Sirocco, celui d’un Français d’Algérie – comme lui – contraint de revenir en métropole. En 1982, il incarne de nouveau un Piednoir – le gangster Raymond Betto – toujours sous les ordres d’Arcady, dans Le Grand Pardon, son plus grand succès au cinéma.

LE «BEAUF» DE «TONTON»

«Je n’ai jamais vu François Mitterrand rire autant qu’aux blagues de Roger.» Sur BFM TV, Jacques Attali a rappelé combien l’ancien président de la République et l’acteur étaient proches. Roger Hanin était devenu son beau-frère en épousant en 1958 la productrice Christine Gouze- Rénal, soeur de Danielle Mitterrand. «Il faisait partie du cercle très proche de François Mitterrand, il l’amusait beaucoup par sa faconde et toutes les histoires qu’il racontait, se souvient Pierre Bergé, autre proche. Je garde le souvenir d’un homme qui avait des convictions, qui les exprimait, et qui avait pour François Mitterrand une espèce d’amour, de passion, en tout cas une grande admiration.».

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