Quand les séries font la guerre


Par publié le 25/10/2014 à 01h20


Les deux conflits mondiaux sont une source inépuisable de récits. Mais si autrefois batailles et humour faisaient bon ménage, un seul mot d’ordre aujourd’hui : l’authenticité.

Fraternité et courage, telles sont les valeurs distillées dans Ceux de 14, série adaptée d’une oeuvre de Maurice Genevoix, qui connut lui-même l’horreur des tranchées de la Grance Guerre. Ces six épisodes racontent donc cet enfer vu de l’intérieur, et, plus que sur l’héroïsme, préfèrent s’attarder sur le côté humain. On y suit l’évolution des sentiments et des comportements de ces jeunes hommes, de leur départ à la guerre jusqu’à la terrible bataille des Éparges. Cette série nous est proposée à l’occasion de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, mais il est vrai que la télévision s’est plus souvent penchée sur la Seconde Guerre mondiale, à l’image de Band of Brothers, une série adaptée d’un livre de Stephen Ambrose.

 

Produite par Tom Hanks et Steven Spielberg, elle raconte d’une façon très réaliste le conflit à travers les yeux de soldats américains de la célèbre « Easy Company », la seule compagnie américaine qui participa à toutes les campagnes sur le sol européen, du Débarquement à mai 1945. Si Band of Brothers met en scène les combats, elle s’intéresse surtout à une petite communauté de soldats passés par toutes les épreuves. Les combats, on ne les voit même pas dans la saga Un village français, qui traite de la vie de citoyens « ordinaires » entre 1940 et 1945. Le téléspectateur est immergé dans le conflit, mais dans la durée puisque la série compte déjà six saisons. On est ici loin du front puisqu’on suit de près des villageois obligés de vivre avec les troupes d’occupation allemandes.

 

Un village français pose principalement la question du choix en fonction des circonstances de l’époque : prendre les armes et résister, attendre ou bien collaborer. Ces trois séries contemporaines montrent la guerre et ses conséquences de façon grave et très documentée. Est-ce à dire qu’on ne rigole pas avec la guerre ? Eh bien si, mais plus aujourd’hui, semble-t-il. Dans les années 1960, Papa Schultz nous plongeait au coeur d’un camp de prisonniers de guerre américains, qui n’avaient de cesse de ridiculiser les soldats allemands. Cette sitcom enchaînait les situations loufoques sans se préoccuper de vérité historique.

 

Dans les années 1970, la série Les Têtes brûlées – des pilotes de chasse talentueux et excentriques dirigées par le fameux « Pappy » Boyington (Robert Conrad) – décrivait plus sérieusement le conflit dans le Pacifique en s’inspirant d’une escadrille ayant existé, mais le ton décontractéet l’humour permettaient d’accentuer le stoïcisme héroïque des aviateurs américains. Bref, dans les deux cas, on n’hésitait pas à représenter les soldats surtout comme le public de l’époque aimait à les imaginer. Difficile à concevoir en 2014 ?

Ceux de 14 – Mardi 28 octobre – France 3 – 20h50 – Série tout public