Les reines, le pouvoir et la télévision


Par publié le 10/11/2014 à 12h09


Les vraies femmes de pouvoir restent rares. Ce qui explique sans doute pourquoi ces figures d’exception séduisent tant les producteurs de séries, quitte parfois à arranger l’histoire.

Femmes politiques, favorites intrigantes, amoureuses perfides ou sublimes, les femmes ont souvent décidé du cours de l’histoire. Ces « femmes de pouvoir » sont rares et discrètes dans les mémoires nationales. Heureusement, le cinéma et maintenant les séries télévisées rétablissent une certaine parité quant à cette lutte pour le pouvoir qui a toujours été perçue comme un phénomène purement masculin.

C’est le cas avec Reign, le destin d’une reine, qui retrace le parcours de Marie Stuart, reine d’Écosse depuis la mort de son père alors qu’elle n’avait que 6 jours et exilée en France dans un couvent depuis sa plus tendre enfance.

À 15 ans, elle fera son entrée à la cour de France pour être présentée à son futur époux, le prince François, futur roi de France, afin de sceller l’alliance entre l’Écosse et la France. Bien que réussie, cette série ne respecte pas vraiment l’histoire de la véritable Marie Stuart, reine d’Écosse, exécutée en Angleterre en février 1587, suspecte de complot contre Élisabeth d’Angleterre.

 

LA FÉMINITÉ OU LA PUISSANCE ?
Beaucoup plus réaliste, le rôle des femmes de pouvoir dans Les Rois maudits, une mini-série diffusée en 1972. Entre Isabelle de France – fille de Philippe Le Bel –, Marguerite de Bourgogne et Jeanne de Valois, déjà au XIVe siècle, la lutte pour approcher le trône était féroce, et tous les coups étaient permis. Même chose pour la série Les Tudors, entre 2007 et 2010, dans laquelle des personnages féminins historiques tels Anne Boleyn, Catherine d’Aragon, Jeanne Seymour ou Anne de Clèves, usent toutes de leur féminité pour influencer la politique du Roi Henri VIII d’Angleterre.

 

Tout aussi véridique, le rôle tenu par Lucrèce Borgia, dans la version de Canal +. Était-elle une manipulatrice dévergondée ou un outil politique utilisé par un père ambitieux, le pape Alexandre VI ? L’histoire, même avec l’aide de la télévision, n’a jamais pu résoudre l’énigme.

 

D’autres encore utilisèrent féminité et puissance dans l’exercice du pouvoir : La Dame de Monsoreau, en 1971, sur les amours impossibles entre Diane la Catholique et Bussy d’Amboise, le représentant des protestants ; La Reine et le Cardinal, en 2009, sur les relations entre Anne d’Autriche et Mazarin ; Henri IV, en 2010, sur les rapports entre le roi et la reine Margot ; et même à sa façon Camelot, en 2011, avec l’influence de la reine Guenièvre sur le jeune Arthur.

 

Heureusement, il reste un certain nombre de reines, d’impératrices ou de favorites dont le destin n’a pas encore été exploité par la télévision, mais leur histoire est en marche.

REIGN, DESTIN D’UNE REINE – tous les vendredi – 20h50 sur 6ter