La petite maison dans la prairie : la face cachée – Série


Par publié le 01/03/2015 à 12h00


Pioneer Girl, la véritable autobiographie de Laura Ingalls (1867-1957), qui vient de sortir aux États-Unis, bouscule la vision très politiquement correcte de sa famille, telle qu’elle fut adaptée à l’écran par Michael Landon à partir de 1974.

Véritable institution, La Petite Maison dans la prairie est encore rediffusée (sur 6Ter), mais pour la première fois en version remasterisée HD. Pour mémoire, la série raconte la vie de modestes fermiers américains à la fin du xixe siècle, les Ingalls (Charles, Caroline et leurs filles Mary, Laura et Carrie), de leur arrivée au village de Walnut Grove à la vie adulte de Laura, la narra trice, devenue institutrice et maman. Cette famille a réellement existé, avec toutefois une vie moins édifi ante que dans la série… On s’en doutait un peu, mais un récent succès d’édition américain vient de le confirmer.

De la Réalité à la fiction

Les versions édulcorées débutent avec un roman, La Petite Maison dans les grands bois, édité en 1932. La Petite Maison dans la prairie ne verra le jour qu’en 1935 : c’est le troisième tome de la saga, qui en compte au total onze, écrits pour les enfants entre 1932 à 1943. L’adaptation télévisée n’arrivera qu’en 1974, pour neuf saisons et 205 épisodes. Sortie seulement en novembre 2014, la véritable autobiographie de Laura Ingalls Wilder (1867-1957), Pioneer Girl, est devenue un phénomène d’édition aux États-Unis. Elle y dévoile la vie des pionniers, minés par la pauvreté, l’alcoolisme et la violence. Un témoignage relativement éloigné de l’ima ge idéaliste, bucolique et moralisatrice véhiculée par les romans et par la série télévisée…Les Ingalls n’avaient pas leur propre maison ! «Ce manuscrit original est la toute première ébauche écrite par l’auteur avant qu’elle ne soit retouchée et romancée», explique Nancy Tystad Koupal, directrice de la maison d’édition de la Société historique du Dakota du Sud. Laura Ingalls Wilder l’avait écrit en 1930 à la demande sa fille Rose, mais le manuscrit fut refusé par les éditeurs, qui le jugeaient trop sombre et violent.

Un quotidien violent

L’auteure, alors âgée de 65 ans, y racontait sans fard la véritable histoire de sa vie. Originaire du Wisconsin, au nord des États-Unis, sa famille avait plié bagage pour rejoindre les convois de pionniers en partance vers l’Ouest. «Avec ce livre, précise l’éditrice, nous voulions présenter la version qui montrait le plus fi dèlement possible la réalité de l’époque. La vie était difficile et la violence faisait partie du quotidien. Nous voulions aussi montrer, d’une certaine façon, les coulisses de La Petite Maison dans la prairie. On découvre que les Ingalls n’avaient pas leur propre maison, qu’ils vivaient dans des motels miteux que Charles-Frederick Ingalls n’avait pas toujours les moyens de payer et, qu’une fois, la famille a dû fuir en pleine nuit pour éviter de payer le loyer.». Il est également écrit que Laura, s’occupant d’une femme malade, eut à subir une tentative de viol par le mari ivre de celle-ci… Un manuscrit sulfureux dont beaucoup attendent la traduction française. Aux États-Unis, ce succès littéraire attire déjà le cinéma : un film serait en préparation.