La France n’aime plus les sitcoms


Par publié le 11/08/2014 à 11h16


Véritables cartons aux États-Unis, les séries telles que The Big Bang Theory et How I Met Your Mother peinent à percer dans l’Hexagone. Explications.

Jadis très friand de sitcoms américaines, le PAF semble s’être détourné de ces séries comiques pourtant très populaires de l’autre côté de l’Atlantique, à Hollywood.

 

Comment expliquer un tel désamour des téléspectateurs français pour ces productions à succès ? NRJ 12 a beau tenter d’offrir cette semaine à la série The Big Bang Theory une exposition médiatique un peu plus conséquente en programmant sa sixième saison en prime time, ce show 100 % geek, dont les acteurs touchent un million de dollars par épisode, souffre encore d’un important déficit de notoriété dans l’Hexagone.

 

Même constat pour How I Met Your Mother, qui végète sur les grilles de programmes du dimanche de NT1 alors qu’elle passionnait jusqu’à 13 millions de fans lors de sa diffusion aux États-Unis. Forte de 12 Emmy Awards et quelque dix millions de téléspectateurs au pays de l’Oncle Sam, Modern Family n’est pas non plus en odeur de sainteté du côté de chez nous et s’est vue rétrograder sur W9 après un passage discret sur M6.

 

On l’aura compris, si les téléspectateurs français ne semblent plus adhérer à ce genre de séries, c’est en grande partie parce que les chaînes ne leur en donnent plus la possibilité. Dans les années 1980 et 1990, Arnold et Willy, Punky Brewster et Ricky ou la belle vie égaillaient les après-midis de TF1, tandis que France 2 misait dans le même temps sur La Fête à la maison (avec John Stamos et les jumelles Olsen), Sauvés par le gong (personne n’a oublié les pitreries de Screech Powers), ou encore la légendaire Friends.

 

De son côté, M6 tentait de faire de l’ombre aux JT de la Une et de la Deux en jouant la carte de la contre-programmation avec successivement Cosby Show, Notre belle famille, Une nounou d’enfer ou encore Madame est servie. Aujourd’hui, que ça nous plaise ou non, nos après-midi télévisuels sont rythmés par pléthore de divertissements à la sauce téléréalité dans un paysage audiovisuel français légèrement monomaniaque sur les bords, qui n’a visiblement pas l’intention de bousculer ses grilles de programme pour faire de la place à des séries dont le format bien trop court – 22 minutes par épisode – les empêche de briguer la case du prime time.

 

Seule la chaîne Canal+ ose encore donner leur chance aux sitcoms avec Mon oncle Charlie, désormais emmenée par Ashton Kutcher, et 30 Rock, campée par Tina Fey et Alec Baldwin. Mais là encore, une troisième partie de soirée ou un milieu d’après-midi sur une chaîne cryptée, ça fait un peu léger pour des séries emmenées par de tels poids-lourds de la comédie.