Gérard Hernandez (Scènes de ménages) : « Maintenant, je peux me lâcher »


Par publié le 08/05/2015 à 12h22


Il est le fameux Raymond de Scènes de ménages depuis 2009, mais accompagne nos vies depuis des décennies. L’acteur aux soixante ans de carrière se confie dans un livre drôle et émouvant.

– Vous tenez une place à part chez les comédiens. N’avez-vous pas toujours été un peu marginal ?

Dans mon métier, oui. J’y suis entré sans connaître personne. Je n’appartenais à aucune famille, comme aujourd’hui d’ailleurs.

– Votre vraie famille, elle, est arrivée d’Espagne en France avant la Seconde Guerre mondiale. Mais pourquoi avez-vous attendu longtemps avant d’avoir des papiers ?

Je ne les ai eus qu’en 1975 en effet. Pendant longtemps, je n’ai eu qu’une simple carte d’étudiant. Et par la suite, j’ai utilisé ma carte de sécurité sociale pour travailler et pour signer des contrats.

– Vous semblez sous-entendre que vous n’avez pas vraiment la fibre espagnole. Pour quelle raison ?

Je n’y suis pas allé souvent. Je suis citoyen du monde et j’adore la France. J’ai juste un petit frisson quand j’entends de la musique espagnole, c’est tout.

– On vous a connu par votre voix, comme comédien de doublage pour la version française du Muppet Show. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

Des fous rires avec Micheline Dax et Roger Carel ! Au début, on ne croyait pas à ce programme… Peter Ustinov était venu faire le doublage de sa propre voix sur l’épisode où il était invité. Il a trouvé que la version française était bien meilleure que l’américaine… Il en a même parlé aux producteurs, là-bas. J’ai également doublé plus de 3 000 dessins animés. Du coup, j’ai eu 8 ans pendant quarante ans !

– Quel regard portez-vous sur ce Raymond que vous incarnez dans Scènes de ménages ?

Il est incapable de dire « je t’aime ». Mais grâce à lui, je dis des choses que je n’ose pas exprimer dans la vie, et ça fait du bien ! Grâce à lui, je suis moins pessimiste.

– Dans votre livre, vous vous définissez comme quelqu’un de populaire et non comme quelqu’un de célèbre. Quelle est la différence selon vous ?

La célébrité, c’est un état permanent. Populaire, on ne l’est que ponctuellement. Si Scènes de ménages s’arrête, cinq mois après je serai moins populaire, forcément. C’est pour ça qu’il ne faut pas avoir la tête qui enfle.

– Pourquoi vos mémoires prennent-elles la forme d’un abécédaire ?

Les mémoires, c’est chiant. Je ne parle jamais de moi ou de ma vie. Comme le disait Michel Polac : « Pourquoi ajouter à la confusion ? » Il fut un temps où je n’avais pas la parole… Là, maintenant, je peux me lâcher.

– Avec Marion Game qui joue Huguette votre épouse dans Scènes de ménages, c’est le grand amour professionnel, non ?

Oui, elle est comme moi, un bon petit soldat. C’est une vieille copine. Elle est heureuse, je crois.

– Et vous, êtes-vous heureux ?

Ce succès, c’est comme un beau gâteau. Et je suis gourmand. Mais il ne faut pas en abuser. Alors oui, je suis heureux, mais quand on sait comment la vie finit, on l’est un peu moins…

A LIRE :

Scènes de Ménages : 2014 vue par Huguette et Raymond