Disparue : L’irrésistible ascension d’Alix Poisson


Par publié le 11/05/2015 à 09h12


L'hilarante Isa de Parents, mode d'emploi crève aussi l'écran dans Disparue, la série de France 2 dans laquelle elle incarne une maman en pleine tourmente. Rencontre avec une actrice à l'éclectisme assumé.

– On a l’impression de ne voir que vous à la télévision en ce moment. À quoi attribuez-vous cette cote d’amour ?

En ce moment, j’ai effectivement la chance de pouvoir faire, professionnellement, des choses très variées. Mais ce n’est pas nouveau, j’ai toujours essayé de cultiver une certaine variété dans mes choix. Simplement, j’étais moins médiatisée qu’aujourd’hui !

– Comme dans Disparue, vous avez une manière très entière de vous investir dans vos rôles. Est-ce également cela qui vous vaut cette popularité ?

On ne sait pas vraiment pourquoi cela marche ou pas. De toute façon, il vaut mieux que ce genre d’alchimie nous échappe. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise école dans ce domaine ou de recette absolue. C’est un peu la cuisine personnelle de chaque comédien.

– Comment vous préparez-vous avant un tournage ?

Il y a d’abord une période où je lis, où je me documente. Ensuite, j’arrête et je rêve. C’est là où je construis la colonne vertébrale de mon personnage. Une fois sur le plateau, je fais en sorte de me rendre disponible, d’arriver comme une page vierge, d’avoir des idées et des propositions tout en me laissant porter par l’instant…

– Vous vous êtes glissée dans la peau de Véronique Courjaut en 2009 dans Parcours meurtrier d’une mère ordinaire de Jean-Xavier de Lestrade. Est-ce que cela a constitué un virage dans votre carrière ?

Oui, d’autant que c’était quasiment mon premier passage devant la caméra. Avant cela, je n’existais pas aux yeux des gens de la profession.

– Certains artistes vous ont servi d’exemple dans ce métier ?

Je n’ai pas de modèle, c’est bien trop oppressant. En revanche, il y a beaucoup de gens qui m’ont donné du souffle et de l’envie, de Meryl Streep à Patti Smith en passant par les frères Dardenne, qui sont mes mentors absolus. Même les gens que je croise dans la rue m’inspirent, en me suggérant une attitude, une façon de parler… Nous, les acteurs, nous sommes un peu déformés. On se nourrit de tout !

– On pense à vous souvent à vous pour des partitions de mère de famille. Parfois, vous n’avez pas envie qu’on vous imagine dans un registre moins mature ?

Je n’en ai pas fait tant que ça. Et j’espère bien avoir mon rôle de gourde un jour [rires]. Ce sera jouissif à interpréter. Après tout, il ne faut pas oublier que la Pretty Woman de Julia Roberts était une magnifique écervelée !

– Vous étiez enceinte lorsque vous avez campé Florence, qui est confrontée à la mort de sa fille dans Disparue. Cela a-t-il constitué une diffi culté supplémentaire ?

Non, ça n’a pas été plus difficile. Ça m’a simplement amenée à une réflexion sur la distance à laquelle on doit se tenir de ses enfants… Bien sûr, je ne suis pas en béton armé et cette grossesse m’a accompagnée, mais plutôt positivement. Cela a rajouté une incroyable force de vie au personnage de Florence je crois.

– Vous avez aussi fréquemment joué des femmes plus âgées que vous, alors que par coquetterie, vos consoeurs ont tendance à faire le contraire…

Ça ne me gêne pas du tout, tant que le personnage est riche. De toute façon, si j’avais un ego surdimensionné, il y aurait beaucoup de challenges que je n’aurais pas relevés. Quand je vois Marion Cotillard, vieillie, défigurée dans La Môme, quoi de plus exaltant que ce genre de défi ?

– Dans quoi vous retrouvera-t-on prochainement ?

Dans Parents, mode d’emploi, bien sûr. Je fais une apparition dans Un coup à prendre, un comédie avec Audrey Lamy et Manu Payet, et je travaille actuellement sur un nouveau projet avec Jean-Xavier de Lestrade.

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