Attention, séries paranos


Par publié le 30/06/2014 à 10h49


Depuis quelques années, les fictions jouent avec nos nerfs : sous chaque personnage peut se cacher un criminel en puissance.

Certains feuilletons, comme Desperate Housewives, nous avaient déjà mis la puce à l’oreille : dans ces intrigues, les agneaux étaient souvent des loups déguisés, prêts à mentir, tricher, voire tuer, pour peu que cela les arrange… Une esthétique de « l’ennemi caché » que cultivent actuellement avec brio un certain nombre de séries.

 

Au cœur d’Hostages, que diffuse TF1, on retrouve ainsi la chirurgienne Ellen Sanders, qui découvre pendant une prise d’otages que les valeurs auxquelles elle croyait ne sont que des châteaux de cartes et que ses proches sont pour elle des (inquiétants) étrangers. Le tout sur fond de jeux de pouvoir et d’espionnage intérieur…

 

Dans Homeland, programmé sur Canal +, les personnages sont encore plus hantés. Persuadée d’avoir laissé passer un détail qui aurait pu empêcher les attentats de 2001, l’agent de la CIA Carrie Mathison passe ses journées sur ses écrans vidéo et semble voir un terroriste potentiel à chaque coin de rue. « J’ai raté quelque chose dans le passé, je ne ferai pas deux fois la même erreur », déclare-t-elle pour justifier ses délires. Mais le paroxysme de la folie est sans doute atteint par Person of Interest de TF1, puisqu’on y suit les aventures de Finch, un milliardaire lui aussi traumatisé par le 11-septembre, qui a inventé une machine de surveillance permettant d’anticiper les futurs assassinats et leurs auteurs. Il fait ensuite intervenir Reese, un ancien agent des forces spéciales, pour éviter que ces événements ne se produisent…

 

Une obsession sécuritaire qui n’a pas été sans effet sur l’acteur principal de cette production américaine, Jim Caviezel : « On commence à faire attention à certaines histoires, à ces Drones Predator qui volent au-dessus de nous, probablement aux États-Unis. Et je me dis que je ne devrais peut-être pas prendre l’avion. » De quoi rendre également hystérique, par contagion, le téléspectateur le moins inquiet…