Agatha Christie : une vie romanesque


Par publié le 29/07/2014 à 01h58


On a tous tenu un jour dans nos mains un exemplaire d’un roman d’Agatha Christie. Si la romancière est célèbre, on connaît mal la vie privée de la Reine du crime. Partons donc sur les traces d’Agatha Mary Clarissa Miller (1890-1976).

Les premières années d’Agatha sont plutôt paisibles. Et la jeune femme nage en plein bonheur lorsqu’en 1912 elle rencontre au cours d’un bal, le sous-officier Archibald Christie, dont elle conservera le patronyme comme nom de plume. Elle se marie en effet avec ce séduisant aviateur deux ans plus tard.

 

Hélas ! son mari est appelé sous les drapeaux lors de la Première Guerre mondiale. C’est précisément à cette période qu’Agatha s’engage comme infirmière bénévole. On découvrira ensuite qu’elle aurait pu s’y familiariser avec les poisons et autres drogues qui apparaissent régulièrement dans ses romans.

 

C’est aussi parce que ce métier l’ennuie quelque peu que la jeune femme écrit son premier roman, La Mystérieuse Affaire de Styles, dans lequel Hercule Poirot apparaît pour la première fois. À la fin de la guerre, elle donne naissance à sa fille unique, Rosalind.

 

Une belle histoire jusque-là, mais les doutes arrivent dès 1926 dans la vie d’Agatha Christie avec les infidélités de son mari, qu’elle ne parvient plus à supporter. Et c’est alors que sa vie bascule comme dans ses romans. Cette même année, Agatha Christie disparaît pendant une dizaine de jours. Pour la première et unique fois, sa vie privée fait la Une des journaux. Mais où est donc passée celle qui est déjà l’une des figures majeures du roman policier ?

 

Alors que 15 000 bénévoles assistent la police dans ses recherches et que les journaux promettent une récompense, Agatha est retrouvée dans un hôtel où elle séjourne, curieusement, sous le nom de la maîtresse de son mari. Les médecins qui la raccompagnent diagnostiquent une crise d’amnésie… Déprime, désir de vengeance ou coup  médiatique ?

 

Un mystère dont elle ne parlera plus jamais et qu’aucun Hercule Poirot ou Miss Marple n’ont jamais élucidé. Après son divorce, Agatha Christie retrouve l’amour auprès de l’archéologue Sir Max Mallowan, qu’elle épouse en 1930. Des années de bonheur pendant lesquelles elle suit son époux sur des fouilles en Syrie ou en Irak. Une atmosphère qui inspirera nombre de ses succès littéraires. Ce sont d’ailleurs ses mésaventures lors d’un voyage retour à Londres par l’Orient-Express, à Noël 1931, qui lui inspireront Le Crime de l’Orient-Express.

 

Agatha Christie termine sa vie en janvier 1976, dans sa résidence de Wallingford, nous laissant bien sûr l’image d’une grande romancière, mais aussi d’une femme bien plus complexe et surtout bien moins conformiste que l’on ne croyait. Une femme passionnée par son métier et par la vie, tout simplement.