Patrick Sébastien va-t-il trop loin ?


Par publié le 18/08/2014 à 10h41


L’animateur s’en est pris à une journaliste de La Montagne. Ce n’est pas un coup d’essai.

Patrick Sébastien n’accorde que peu d’estime aux journalistes et vient, une fois de plus, d’en faire la démonstration la plus cinglante qui soit. Début août, l’animateur s’est en effet payé le portrait, dans les grandes largeurs, d’une femme de 21 ans venue l’interviewer en marge d’un concert donné en Auvergne.

 

Le récit de cette rencontre par Léa Trottier, qui travaille pour le quotidien La Montagne, fait froid dans le dos. Lorsqu’elle a osé parler politique avec un artiste qui ne s’était pas privé, lors de la dernière Fête de la musique, d’interpeller publiquement le président de la République, Léa s’est fait traiter d’«enfoirée», avant de se faire éconduire de la loge de l’animateur, indigné par tant d’outrecuidance. Cet événement fait immanquablement écho aux autres récentes sorties dans les médias du chanteur des Sardines, au cours desquelles ses mots, à défaut d’avoir dépassé sa pensée, ont allègrement franchi les limites de l’acceptable.

 

En avril 2013, un an après avoir assimilé Nabilla et ses consœurs de la télé réalité à une «branche voisine de la prostitution», Patrick Sébastien avait traîné dans la boue une chroniqueuse d’Europe 1 qui s’était permis de ne pas partager son point de vue. Des propos tellement crus qu’on préférera ne pas les retranscrire dans ces pages.

 

Pour un humoriste à la moquerie facile, un animateur qui s’érige volontiers en chantre de la convivialité et du populaire, ces sautes d’humeur font tâche. Aurait-il oublié que les journalistes, qu’il se plaît à affubler systématiquement de l’étiquette «tous pourris», constituent, d’une certaine manière, le lien qui l’unit à son public ?