Guy Béart : adieu l’artiste !


Par publié le 21/09/2015 à 05h42


Le chanteur nous a quittés le 16 septembre à 85 ans, victime d'une crise cardiaque. Il laisse derrière lui quelques-unes des plus grandes chansons françaises : «Il n'y a plus d'après», «L'Eau vive», «La Vérité».

Lui qui voulait «changer les couleurs du temps» aura en tous cas réussi à apporter un peu de rose à nos vies grâce à une longue liste de succès : Vive la rose, Bal chez Temporel, Le Grand Chambardement, À Amsterdam, Les Grands Principes, La Vérité… L’un d’entre eux résonnent encore à l’oreille des plus jeunes : L’Eau vive est en effet toujours apprise dans les écoles. Il avait complété en 2010 son fabuleux catalogue de 250 titres par un dernier album, Le Meilleur des choses, après un silence de onze années.

Guy Béart, une force de caractère !

En janvier dernier, aidé par Julien Clerc et sa fille Emmanuelle, il avait tenu la scène de l’Olympia pendant quatre heures ! Armé d’une étonnante résistance physique (il avait guéri d’un cancer il y a quelques années) et d’une grande force de (mauvais) caractère, Guy Béart ne laissait personne indifférent. Il s’était mis à dos une bonne partie de la profession, échaudé qu’il était par les pratiques des maisons de disques, majors ou labels indépendants. La télévision ne lui convenait guère davantage. Il avait pourtant animé de 1966 à 1970 Bienvenue chez Guy Béart, un talk-show novateur où il recevait ses amis et… les autres. Dans l’une de ses dernières chansons, Télé Attila (2010), il s’en prenait aux hommes de télévision : «Des présentateurs très drôles / Qu’on ne comprend pas / Ils vous coupent la parole / Pendant les débats / Et se donnent le beau rôle / Ces grands Attilas.» Il avait des mots durs pour le petit écran, qui s’était selon lui transformé au fil des années en «grand n’importe quoi» : «Ils cherchent tous le petit buzz ; même pour la chanson, c’est mauvais.» . Jean-Pierre Pernaut ému aux larmes, Michel Drucker tout aussi affecté…

Un hommage émouvant

Les stars de la télé n’ont malgré tout pas ménagé leurs efforts pour lui rendre un dernier hommage. Ses amis artistes aussi l’ont salué une dernière fois. «C’était un centre, un type intelligent, avec qui on pouvait parler. Je ne sais pas s’il y a encore des gens de cette qualité-là», regrette Marie Laforêt. «C’est toujours frustrant de perdre quelqu’un qui est un créateur, qui était un écrivain, un poète, un musicien… On ne peut pas dire qu’il était vraiment un chanteur mais il servait admirablement ses textes», raconte Juliette Gréco, pour laquelle il avait écrit Il n’y a plus d’après. Solitaire et peu bavard, il savait pourtant porter la contradiction. Comme à Serge Gainsbourg sur le plateau d’Apostrophes, en 1986 : lui affi mait que la chanson était un «art majeur», contrairement à Gainsbourg. Car Guy Béart avait «l’espérance folle» que ses chansons puissent devenir éternelles. Et s’il avait raison ?

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