Chimène Badi : «Je ne suis plus une petite fille»


Par publié le 01/09/2015 à 06h50


L’une des plus belles voix de la variété française revient avec un nouveau look, mais surtout un nouvel album dont les chansons laissent deviner des blessures du passé qu’elle entend refermer. Deux ans d’un travail exigeant pour un résultat efficace.

– En quoi cet album marque-t-il pour vous un nouveau départ ?

C’est un album hyper honnête et sincère parce que je me suis livrée. J’ai voulu parler de choses importantes. J’ai 33 ans et plus 18 ! Ce disque, c’est le mien, c’est moi. En l’écoutant, on arrive à savoir qui je suis. Je débute un nouveau cycle. Parce que je n’aurais pas chanté ça il y a dix ans, ça ne me serait pas venu à l’esprit. J’étais dans autre chose, dans une autre culture. Je n’avais pas en tête ce que j’ai aujourd’hui. Et puis je n’avais pas compris la vie comme je l’ai comprise depuis.

– Pourquoi avoir choisi comme titre générique Au-delà des maux ?

C’est comme « au-delà des douleurs ». Ce disque est une thérapie. J’ai dû passer par des moments difficiles où il faut se battre pour arriver à faire ce que l’on a envie de faire. Vouloir s’affirmer, c’est difficile quand on a peur. Je ne peux pas faire les choses parce qu’on me les impose. Je ne suis pas juste la sympathique chanteuse qui va faire des prouesses avec sa voix sur des titres dans lesquels elle ne se reconnaît pas. Je ne suis plus une petite fille.

– La chanson Au-delà des mots – m.o.t.s. cette fois – fait référence à la période où vous avez perdu votre voix. Que dit-elle ?

J’ai eu un oedème aux cordes vocales et j’ai cru que tout allait s’écrouler. Heureusement, ma famille et mon manager étaient là. J’ai une certaine foi, ça m’a raccrochée à la vie. Ma voix est revenue et je sais maintenant pourquoi je veux chanter.

– Quelles conséquences cet « accident » a-t-il eu sur votre façon de chanter ?

Je n’ai plus chanté pareil. Comme si ma voix et moi, on était vraiment devenues amies. Et du coup, je l’utilise différemment. Et puis il y a aussi le fait que je n’écoute plus la même musique. Je suis revenue à des choses que j’écoutais quand j’étais plus jeune, la musique noire américaine que me faisait écouter mon père : Otis Redding, Ray Charles, Billie Holiday…

– La chanson L’Usine fait-elle référence à un moment de votre vie ?

Ma mère a passé sa vie à travailler comme ouvrière dans une usine. Et un jour, elle s’est fait renvoyer. Elle était à 8 de tension, elle ne pouvait plus bosser, et donc elle a perdu son boulot. Une époque très dure. J’ai souffert de la voir autant souffrir, et je m’étais jurée qu’un jour je chanterai quelque chose là-dessus. C’est ma façon de lui rendre tout son amour, tout son courage.

– Autre titre touchant, Les Retardataires. De qui parlez-vous ?

Quand j’étais adolescente, j’appartenais à cette catégorie de gens que l’on met de côté parce qu’ils ne sont pas capables ou qu’ils n’ont pas les moyens de faire ceci ou cela. Je déteste l’injustice.

– Personne, l’une des chansons que vous a proposées Emmanuel Moire, est-elle un cri du coeur ?

Elle parle du fait qu’on a tellement voulu régenter ma vie artistique depuis mes débuts, me dire ce que je devais faire, aussi bien dans la chanson que dans ma vie privée, qu’aujourd’hui, ce n’est plus possible. Basta, stop !

– La chanson intitulée Ballerine évoque indirectement votre passage à Danse avec les stars. Un bon souvenir ?

Oui, j’ai fait cette émission pour me prouver à moi-même que je pouvais utiliser ce corps avec lequel j’étais si mal à l’aise. C’était un défi que je voulais relever car je savais que ça débloquerai quelque chose. Et c’est ce qui s’est passé. Mais pendant tout ce temps, chanter me manquait. Avec cet album et la tournée, je vais me rattraper !

– Cet album est également marqué par un changement de look. Pourquoi cette évolution ?

À chaque nouvel album un artiste montre un peu son évolution personnelle et donne un nouveau ton à la fois musicalement et physiquement. J’avais déjà changé de look, si vous vous en souvenez bien, avec Gospel & Soul… Là, j’en avais marre de toujours me préparer. Alors un jour, j’ai laissé mes cheveux sécher comme ça en sortant de ma douche et puis j’ai trouvé ça pas mal. Je me suis trouvée jolie comme ça (rires). En plus, c’est moins contraignant que de toujours avoir à se coiffer (rires) !

– Votre silhouette aussi a changé. Était-ce un besoin, une nécessité pour votre métier ?

Ma silhouette a changé depuis l’album Laisse les dire en 2008, j’avais perdu 30 kilos. Mais j’ai l’impression que personne ne s’en souvient. Pourtant, toutes les questions durant la sortie de cet album tournaient autour de ma perte de poids. Depuis, rien n’a changé. Je constate que ces mêmes questions sont revenues en 2011 pour la sortie de l’album Gospel & Soul et apparemment reviennent encore en 2015. Ne me posez plus de questions sur mon physique, ce sont toujours les mêmes !

– À un peu plus de trente ans, aimez-vous la femme que vous êtes devenue, plus encore que l’adolescente d’hier ?

Pas plus, pas moins. La fillette d’hier se faisait « emmerder » à l’école pour ses cheveux bouclés (rires) comme aujourd’hui (rires)… J’ai toujours été bien dans ma tête en tous cas, hier comme aujourd’hui. Sinon, effectivement, j’aurais pété un câble.

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