Sophie Davant : « A 50 ans, tout est possible ! »


Par publié le 28/03/2015 à 10h00


Portée par le succès de Toute une histoire, Sophie Davant est l'une des animatrices préférée du public. Dans son dernier livre, Ce que j'ai appris de moi, elle se confie sans langue de bois.

- La cinquantaine, était-ce un cap que vous redoutiez ?

Pas particulièrement, mais entre 45 et 50 ans, j’ai commencé à me poser des questions. Pourtant, tout allait bien dans ma vie. Le psychologue Christian Fauré m’a confirmé que c’est un processus normal, appelé «individuation», qui nous pousse à nous recentrer sur ce que nous sommes vraiment.

- Comme vous l’évoquez dans le livre, le paysage s’est assombri très tôt autour de vous. Dans quelles circonstances ?

J’ai perdu ma maman à 20 ans, j’ai donc appris à évaluer l’importance de la vie. Comme elle est partie tôt, j’ai l’obligation d’aller jusqu’au bout, afin de faire ce qu’elle n’a pas eu le temps de faire. Mon but, ce n’est pas d’atteindre le bonheur. Parce que le bonheur qu’est-ce que c’est ? C’est une somme de petits instants, pas l’extase éternelle.

- Pour la première fois, vous parlez ouvertement du couple que vous formiez avec le journaliste Pierre Sled. Pourquoi cette franchise ?

J’aurais aimé vivre une histoire d’amour éternelle. Mais le déclic est né d’une phrase que m’a soufflé Christophe Fauré : «Est-ce que tu aimes la femme que tu es dans le regard de ton mari ?». Et la réponse était : «Non.» Je n’arrivais pas à le satisfaire dans bien des domaines. On a eu un parcours commun, des enfants, des projets professionnels réussis. Mais à un moment, quand on n’est plus en phase, on se pose des questions. J’aurais aimé trouvé une autre réponse que la séparation. Avec Pierre, nous avons aujourd’hui des liens fraternels, nous adorons nous retrouver ensemble avec nos enfants !

- En prenant la succession de Jean- Luc Delarue dans Toute une histoire, avez-vous trouvé votre place ?

C’est une proposition qui est arrivée au bon moment. Je savais que je saurais animer cette émission. Avec le Téléthon, j’étais déjà sur ce registre.

- Est-ce que cette émission a été comme un miroir à vos propres problèmes du moment ?Forcément, ça vous fait réfléchir…

- Comment expliquer que votre parcours professionnel se soit construit sur la longueur ?

Parce que j’ai un grand besoin de sécurité. Je ne suis pas une grande aventurière. J’ai toujours préféré la fidélité à une équipe et à une émission. Aujourd’hui, je récolte les fruits de ce que j’ai semé. Le public y est sensible, il m’a vu évoluer.

- Certaines femmes vous prennent-elles comme modèle parfois ?

C’est ce qu’on me dit, mais je ne me regarde pas le nombril pour devenir un modèle. Chez le coiffeur, certaines femmes demandent une coupe «à la Sophie Davant»… Cela m’étonne et me touche.

- Quelle serait la morale de votre livre, selon vous ?

À 50 ans, tout est possible ! On met tant d’années à savoir dire non, à savoir ce qui nous fait du bien. Ce milieu de vie est le temps du choix.

- Quel est votre objectif, maintenant que tout vous réussit ?

Embrasser l’instant présent à pleine bouche et conduire les enfants vers le plus d’épanouissement possible.

- Est-ce la sagesse qui parle ? Y’a encore du boulot avant d’atteindre la sagesse !

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