Reportages : Le Moulin Rouge, symbole du gai Paris


Par publié le 26/12/2014 à 02h00


Depuis cent vingt-cinq ans, le Moulin Rouge est l'un des symboles de la capitale. L'étonnante histoire de cette célèbre institution est relatée dans un reportage qui fleure bon les nuits parisiennes.

Le dimanche 6 octobre 1889, aux pieds de la butte Montmartre, l’ambiance est à la fête place Blanche. L’ouverture dans le jardin de Paris d’un nouveau music-hall, Le Moulin Rouge, ne passe pas inaperçue. Le public vient en foule pour découvrir ce lieu extravagant : une gigantesque piste de danse, des miroirs partout, une galerie où il est du dernier chic de s’encanailler, un jardin agrémenté d’un énorme éléphant et des promenades à dos d’âne…

Une ambiance exceptionnelle

Une folle ambiance où le spectacle se déroule aussi bien sur la scène que dans la salle… Aristocrates et voyous se côtoient dans une joyeuse complicité, bourgeois des beaux quartiers et  petits gens de Paris s’amusent. Les propriétaires, Joseph Oller et Charles Zidler, ont gagné leur défi : faire du Moulin Rouge le plus grandiose des palais de la danse et de la femme. À une époque où de nombreux moulins à vent peuplaient la butte Montmartre, les deux fondateurs décident  de rehausser le bâtiment et de le peindre en rouge pour le rendre plus attractif, cette couleur symbolisant la passion, la chaleur, le danger, la tentation et l’érotisme. De plus, le lieu est illuminé la nuit, ce qui en fait l’un des premiers bâtiments électrifiés de Paris. Depuis cent vingt-cinq ans, les ailes du Moulin Rouge ne cessent de tourner. Le cabaret est devenu le symbole d’une gaillardise bon enfant, d’un certain art de vivre qui séduit, avec ses frous-frous, ses petites femmes de Pigalle et leurs revues.

Le temple du French Cancan

Si les bals du Moulin Rouge ont vite connu un grand succès, ils le doivent à l’apothéose du spectacle : une nouvelle danse, le cancan. Dès 1850, Céleste Mogador, danseuse vedette du bal Mabille avait créé une chorégraphie, le quadrille, soit huit minutes de danse à couper le souffle sur des harmonies endiablées, avec Jacques Offenbach comme maître de musique. Les danseuses et leur costume affriolant font perdre la tête au Tout-Paris. Contrairement à une idée reçue, c’est un producteur anglais, Charles Morton, qui inventa le french cancan à Londres en 1861, et ce, afin d’émoustiller le public anglophone par l’évocation de la liberté sexuelle française. Importé au Moulin Rouge, le french cancan connaît alors son âge d’or. Une autre version donne pour origine au cancan, également appelé «coincoin», une danse pratiquée dans les fêtes par les blanchisseuses de Montmartre. Sous des pseudonymes imagés et plutôt canailles, les illustres danseuses du cancan ont toutes foulé la scène du Moulin Rouge, la plus célèbre d’entre elles étant La Goulue. Avec sa gouaille légendaire, elle n’hésitera pas à lancer un soir au prince de Galles, futur Edouard VII : «Ohé Galles ! Tu paies l’champagne ! C’est toi qui régales ou c’est ta mère qui invite ?». Il y eut aussi Jane Avril, la Môme Fromage, Grille d’égout, Serpolette, Miss Jenny, Nini Pattes-en-l’air ou encore Yvette Guilbert et même Colette, romancière à succès, qui se produit sur la scène en 1907. La seule figure masculine marquante fut Valentin le Désossé, danseur et contorsionniste. Au-delà des reines du cancan, l’histoire du Moulin Rouge, ce sont aussi des curiosités, comme le Pétomane ou des personnalités du music-hall qui s’y sont produites, comme Mistinguett, Édith Piaf, Line Renaud, Yves Montand, Jean Gabin, qui y fit ses premières figurations. En cent vingt-cinq ans, la liste est longue : Frank Sinatra, Dean Martin, Liza Minnelli, Ray Charles, Thierry Le Luron, Village People, Elton John…

La féerie continue

Aujourd’hui, le Moulin Rouge accueille 630 000 spectateurs par an (50 % de Français et 50 % d’étrangers). Une véritable machine de guerre composée de 400 personnes, toutes professions confondues, est à l’oeuvre. Le fleuron de la troupe, ce sont les 60 Doriss Girls, des danseuses magnifiques. Quatorze nationalités y sont représentées. Le spectacle attire les convoitises de cabarets étrangers. Jean-Jacques Clerico, le directeur actuel, n’y voit aucun inconvénient : «Nous restons à l’écoute de tous les projets. Nous sommes prêts à exporter notre savoir-faire aux quatre coins du monde, à condition que soient respectés notre concept ainsi que notre cahier des charges. Les États-Unis ou la Chine sont tout à fait à la hauteur de notre standard de production.».

Reportages

Dimanche 28 décembre, à 13 h 25 sur TF1

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