Philippe Verdier viré : Est-ce bien mérité ?


Par publié le 13/11/2015 à 10h00


Le chef du service météo de France 2 paie ses positions sur le réchauffement climatique. Et lance une pétition, « pour sauver mon job », dit-il.

La tempête (dans un verre d’eau) se transforme en tsunami. Le journaliste de France 2 a été convoqué fin octobre par la DRH de la chaîne pour un entretien préalable à son licenciement. En cause, son livre Climat Investigation (Ring), où il émet des doutes – légitimes – sur la seule responsabilité de l’être humain dans ce qu’il convient d’appeler «le réchauffement climatique».

Mieux – ou pire en l’occurrence -, il y exprime son scepticisme sur les résultats de la conférence des Nations unies organisée en France dans un mois.

Des propos qui coûtent cher à Philippe Verdier

Dans une lettre ouverte à François Hollande, il a dans le même temps dénonçé sa probable inutilité et le peu d’intérêt que lui porte le gouvernement. «Lorsqu’on est salarié d’une maison comme France télévisions, il faut faire une distinction entre ses avis personnels et ce que l’on fait porter à l’entreprise. Là, il y a eu confusion, et ça me pose problème», a alors expliqué Delphine Ernotte, la nouvelle patronne du groupe public. Sans avoir lu le livre, bien sûr. D’abord mis de force en vacances prolongées pour en assurer la promotion, Philippe Verdier s’est dit choqué par la manoeuvre. «Quand quelqu’un se met en travers de la route de la COP 21, ça ne fait pas plaisir à l’Élysée», a expliqué sur Europe 1 le journaliste vert de rage. Soutenu par à peine quelques parlementaires, Philippe Verdier s’est vite choisi un avocat pour défendre ses droits. France télévisions avait pourtant été avertie en amont de la sortie de ce livre. Mais ce que consentait l’ancienne direction ne correspond peut-être pas à ce que veut la nouvelle. Question de déontologie aussi, Jean-Marc Souami, pilier du service météo de France 3, a été reçu par sa direction le 27 octobre afin de «lui rappeler son devoir de réserve». Fort de ses activités sociales et syndicales au sein de la chaîne, le présentateur pensait pouvoir impunément commenter l’actualité sur les réseaux sociaux. Quand libre conscience frôle l’inconscience, peut-on s’attendre à d’autres dégâts que ceux-là ? Mais peut-on vraiment parler de faute professionnelle ?