Natacha Polony : «J’ai envie de dynamiter la réflexion»


Par publié le 23/11/2015 à 10h00


Beau succès d'audience pour les premiers numéros du talk-show qu'elle anime en deuxième partie de soirée. Sur Paris Première, l'ex-chroniqueuse du Grand Journal a choisi la liberté.

– Quel est votre objectif à travers ce nouveau programme ?

J’ai envie de dynamiter la réflexion. J’en ai assez du ton compassé de certaines interviews. Pour ça, notre dispositif permet de ne pas subir les pesanteurs de l’interview classique. Le tournage se passe aux Bains douches, à Paris, un univers où on peut discuter entre soi, où la confiance peut s’installer. Il n’y a pas de public, donc pas d’applaudissements qui créent un artifice. C’est une discussion à bâtons rompus, une façon d’«accoucher la pensée».

– Cette émission aurait-elle pu être programmée sur une autre chaîne ?

Paris Première a cette forme de liberté, mais aussi d’exigence et de folie qui lui est propre. Cette chaîne a la volonté de ne pas enfermer les publics dans ce que l’on croit qu’ils sont. On peut y dire des choses en des termes simples et forts. On peut se fâcher, s’enguirlander.

– Vous marchez sur les traces de Zemmour et Naulleau, ex-chroniqueurs de Ruquier, qui ont pignon sur rue à Paris Première, non ?

Rien à voir ! Leur émission traite essentiellement de politique. Polonium est une émission de société.

– Le vendredi soir, vous êtes directement en concurrence avec Ce soir (ou jamais !) de Frédéric Taddéi sur France 2. C’est dommage, non ?

Oui et non, la consommation de la télévision a tellement bougé… Les programmes se regardent souvent en différé sur Internet, maintenant.

– Pourquoi ce titre, Polonium ? Pour l’aspect «explosif»?

Je voulais personnaliser l’émission, mais je n’ai pas voulu donner directement mon nom à l’émission. Polonium, c’est comme un surnom à la fois affectueux et ironique : j’adore empoisonner l’existence de ceux qui m’entourent (rires).

– Quel est votre avis sur Le Grand Journal, où vous officiiez l’année dernière ? Les audiences ont du plomb dans l’aile, mais que pensezvous de l’émission en elle-même ?

Déjà, je trouve Maïtena Biraben vivante et intelligente. On lui tape dessus de façon très injuste. C’est une fois de plus triste de voir certains confrères donner des leçons d’indépendance

– Peut-on en conclure que la formule de l’an dernier, un peu plus «paillettes», était plus efficace ?

C’était en fait moins «paillettes» que ça en avait l’air… à tel point qu’on nous avait reproché de faire de «l’actu pure». Je trouve que dans la formule d’aujourd’hui, il y a un problème d’équilibre. Et puis l’émission est revenue à un petit côté «on rigole avec» ou «on est rebelle avec». Mais on n’est vraiment rebelle qu’en posant une question embarrassante !

– Vous n’êtes pas vraiment mécontente d’en être partie, alors ?

J’ai fait ce choix sans regret. J’en avais fait le tour, j’ai appris ce que j’avais à y apprendre. J’aime les terres de missions, et l’émission ne correspondait pas – ou plus – vraiment à ce qu’on m’avait «vendu».

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