Julian Bugier : « David Pujadas n’est pas mon rival »


Par publié le 04/08/2014 à 03h35


Cet été, il se prartage entre France 2 et Europe 1 et confirme qu'il est un journaliste de terrain aux ambitions affirmées

- Vous remplacez cette année encore David Pujadas au 20 heures de France 2. Pour vous, est-il un rival ou un confrère ?

 

Il n’y a pas de concurrence. Il est statutaire, je ne suis que son remplaçant… On n’est pas de la même génération, et il a une expérience que je n’ai pas… Il est bien meilleur que moi et toujours de bon conseil. Je travaille avec lui tout au long de l’année pour Des paroles et des actes, où je réalise des longs formats et des enquêtes sur le terrain. Ça me convient parfaitement.

 
- Vous êtes autodidacte. Vous n’avez pas suivi d’études de journalisme.

 

C’est vrai, j’ai fait des études d’économie, mais je n’ai pas validé mon Deug, je me suis arrêté avant. J’ai suivi cette voie par passion, par curiosité. Mon père était journaliste en presse quotidienne régionale, à La République du Centre et à La Nouvelle République… et correspondant pour Le Monde. J’ai baigné dans ce milieu-là.

 
- Comment envisagez-vous votre carrière ?

 

Je suis fier de mon parcours. Je viens de province, j’ai grandi à Blois. J’ai aujourd’hui un pied dans la présentation – ce qui me donne une visibilité et me réussit plutôt bien – et un pied sur le terrain, l’essence même de cette profession.

 
- Qu’espérez-vous de cette rentrée ?

 

Faire davantage d’opérations spéciales, comme les 80 ans de l’armée de l’air, et davantage de sujets pour Des paroles et des actes.

 
- Sur le plateau de cette émission, Robert Ménard, le nouveau maire de Béziers, s’en est pris à l’une de vos enquêtes. Quelle est l’origine de l’histoire ?

 

Quand j’étais présentateur à I>Télé, il y était chroniqueur et lors d’un débat au sujet de la peine de mort, je suis sorti de mon rôle pour exprimer mon désaccord sur ce qu’il venait de dire : « Il n’y a pas à revenir sur cette loi votée depuis plus de trente ans. » On m’a reproché cette prise de position d’ailleurs.

 
- Vous êtes un rebelle ?

Non. Ma sensibilité politique ne regarde que moi. Je suis d’une totale objectivité quand je présente le journal. Mais quand, dans une discussion, j’entends des énormités sur des sujets essentiels, je m’autorise à intervenir.

 
- On dit de vous que vous êtes froid, que vous avez la grosse tête…

 

Je suis pourtant d’une nature bienveillante, je m’intéresse aux autres. Je ne joue pas un personnage et je ne cherche pas à paraître ce que je ne suis pas. Je n’ai pas l’impression d’être froid. Vous savez, j’évolue dans un milieu assez carnassier, il faut savoir affirmer ses choix.

 
– Il y a plusieurs années, un mensuel vous avait désigné comme le présentateur le plus sexy de la télévision. Cela vous a-t-il flatté ?

 

Je préfère qu’on dise cela de moi plutôt que l’inverse ! Je suis flatté d’être classé parmi les jolis minois de la télé. Toutefois, mon travail et ma vie ne se résument pas à ça !