François-Xavier Ménage : «Je suis drogué à l’actu»


Par publié le 07/07/2014 à 11h19


Grand reporter sur BFMTV depuis 2008, François-Xavier Ménage, 34 ans, vient d’être choisi pour succéder à Thomas Sotto aux commandes de Capital. Il revient pour nous sur son parcours, qui l’a mené aux quatre coins du globe.

- Êtes-vous venu au grand reportage par vocation ? La télévision était-elle une évidence quand vous avez fait vos études de journalisme ?

 

Pas du tout. Petit, je voulais être pharmacien, cuisinier puis avocat. Juste après le bac, j’ai travaillé pour le groupe Ouest France. Ce n’est qu’à ce moment que cela m’est venu. Le rapport au micro me plaisait. Ensuite, je suis parti couvrir la guerre au Liban pour RMC, en 2006. Ce fut une révélation. J’avais 26 ans et ce métier est devenu une absolue nécessité. Je me suis dit qu’il me fallait absolument d’autres expériences de ce genre. Deux ans plus tard, j’étais à l’antenne sur BFMTV. À partir de cet instant, j’ai été drogué à l’actu, au «hard news».

 

– Quels ont été les plus forts parmi tous les moments que vous avez passés sur le terrain ?

 

La révolution en Égypte, les chars qui arrivaient place Tahrir en 2011 et la sensation de tout un pays qui était en train de basculer. J’en parle encore avec des frissons… Je retiens aussi la violence invisible de la catastrophe de Fukushima, de l’hystérie qu’elle a déclenchée en France et du calme qui régnait là-bas. C’était une mise en abyme incroyable. Ça m’a retourné le cerveau.

 
- Vous avez été aussi particulièrement marqué par l’affaire DSK…

 

Oui, c’était comme un tremblement de terre, une véritable secousse tellurique qui a fait bouger les certitudes. C’était saisissant à tous points de vue.

 
- Quels événements regrettez-vous de n’avoir pas pu couvrir ?

 

Je n’ai pas pu me rendre en Ukraine au moment des émeutes parce que je repartais à Fukushima à cette période là. Je suis très curieux de voir ce qui se passe là-bas.

 
– Vous êtes habitué à fonctionner à l’adrénaline de l’info «chaude». Ne craignez-vous qu’animer un format tel que Capital devienne rapidement trop routinier pour vous ?

 

Non, parce que c’est un autre genre de défi que de traiter les choses à travers le prisme de l’économie. Et puis, je compte bien faire évoluer Capital, par exemple réaliser de temps en temps des plateaux extérieurs quand cela se justifie, et pas juste pour faire joli !

 
- On évoque souvent votre côté beau gosse plus que vos qualités professionnelles. Cela vous agace-t-il ?

 

Je ne suis pas le meilleur arbitre de ce genre de choses et je préfère que l’on me complimente sur mon travail. Après, je ne joue pas les innocents, car je sais bien que je n’ai pas quatre yeux et trois bras. Et si je peux plaire à la fameuse ménagère de moins de cinquante ans, c’est tant mieux…

 
– Ce virage dans votre carrière coïncide-t-il avec le fait de vouloir davantage profiter de votre vie privée, vous qui avez été longtemps sur le terrain à l’étranger ?

 

Effectivement, ma petite fille sera sûrement contente de me voir un peu plus. Mais j’ai d’abord réfléchi en termes de stimulation intellectuelle. C’était mon premier critère.