Eric Naulleau : «Irrévérence ? Un terme qui me va bien»


Par publié le 01/11/2014 à 12h20


Souvent catalogué journaliste polémiste, Éric Naulleau est avant tout un passionné de tout ce qu’il entreprend. Politique, culture ou sport, il veut faire partager ses passions à 100 %.

- Deux magazines, l’un culturel, l’autre politique, sans oublier des émissions sportives (On revit le match sur RTL). Peut-on dire que « La petite entreprise Naulleau » ne connaît pas la crise ?

 

Et c’est tant mieux, j’adore ce que je fais.Concernant l’actualité politique, elle joue en faveur de Zemmour & Naulleau [sur Paris Première le vendredi à 22h50, NDLR]. Le téléspectateur a plus que jamais besoin de débats pour l’éclairer. Que du pain bénit pour Éric et moi. À tel point que l’on a décidé d’allonger le débat contradictoire « Zemmour vs Naulleau » pour nous permettre de muscler notre jeu dans un désaccord constructif. Quant à l’actualité culturelle, il y a tellement de choses à dire qu’elle mériterait plus d’heures d’antenne, plus d’attention et moins de promotion. Dans les deux cas, je revendique la liberté de tous les chroniqueurs. Le sport, enfin, c’est tout simplement une autre passion.

 
- Votre marque de fabrique, au fond, c’est l’irrévérence.

 

L’irrévérence ? Oui, ça me plaît beaucoup, c’est un terme qui me va bien !

 
- On connaît votre opposition à Aymeric Caron, mais quelle est votre opinion sur la nouvelle recrue d’On n’est pas couché, Léa Salamé ?

 
En ce qui concerne le premier, le débat est clos. Pour moi, c’est de l’histoire ancienne. Quant à Léa Salamé, elle a toutes les compétences intellectuelles pour réussir.

 
- Vous êtes vous-même écrivain. Passer parfois dans le fauteuil d’invité doit être difficile, non ?

 

C’est souvent plus déroutant que difficile. Quand je suis invité, on tente de me piéger sur d’autres thèmes que celui de mon livre. Et c’est encore plus déroutant d’être interrogé par des personnes pour qui la littérature et la culture sont le cadet des soucis. Le plus diffi ile, c’est de résumer ma pensée et de faire court.

 
- Votre chaîne, Paris Première, est-elle menacée de disparition ?

 

Nous ne sommes pas dans la situation de LCI, pour qui le refus de passage à la TNT a été le coup de grâce. Paris Première n’est que la victime collatérale de ce refus. Une injustice qui nous fragilise, certes, mais qui ne nous a pas encore condamnés définitivement.

 

 
- Comment jugez-vous l’état de santé de la télévision française, publique et privée ?

 

 

Diagnostic difficile, mais accablant pour deux raisons. Premier constat : toutes les chaînes ont été frappées par la crise économique et cela a fait très mal à la création. Le second est plus terrible : le développement du cancer de la téléréalité. Les programmes sont de plus en plus bêtes et surtout s’adressent à un très jeune public qui se «biberonne» avec du n’importe quoi. Tout cela ne restera pas sans conséquence et il serait temps que l’ensemble des chaînes, les parents et les plus hautes instances de l’État en prennent conscience et réagissent.