Antoine de Caunes : Je ne vis pas comme une punition d’être en crypté


Par publié le 06/11/2015 à 09h00


Depuis le 6 novembre, l’animateur a pris la tête d’un divertissement hebdomadaire réservé aux abonnés de Canal +. Impressions sur une rentrée en décalé, qu’il n’avait sans doute pas imaginée ainsi…

– Votre émission porte votre prénom, cela veut-il dire qu’elle vous ressemble vraiment ?

Je voulais faire ce que j’avais envie de voir. Et on retrouve ici ce que j’aimais faire en Grande-Bretagne [où il animait Eurotrash de 1993 à 2007]. L’émission s’articule autour d’un thème qu’on estime dans l’air du temps et qu’on va décliner en petites séquences. On est une bande. Parce qu’on s’amuse mieux quand on est plusieurs ! C’est un divertissement, pas un «late show» comme on a pu le lire. Je suis entouré de gens avec qui j’ai envie de faire un bout de chemin, comme Alison Weeler, Monsieur Poulpe et Fred Veisse.

– Et pourquoi pas un «late show» ?

Être assis derrière un bureau en plateau avec un mug, un canapé et une ville éclairée derrière soi, c’est quelque chose de très anglo-saxon. On est dans un pays qui n’a pas cette culture là. Il faut donc inventer une émission, écrire autrement.

– L’émission sera cryptée…

Vous avez gardé votre passoire ? Parce que le cryptage d’avant revient, paraît-il (rires)…

– Est-ce le signe que la nouvelle direction croit en vous pour recruter des abonnés ?

Oui, je le prends comme ça ! L’avantage d’être en crypté, c’est d’avoir une liberté de ton. Je ne le vis pas comme une punition ou un purgatoire. Ce qui m’excite même, c’est l’esprit de laboratoire de cette émission.

– Quel bilan tirez-vous des deux saisons que vous avez passées au Grand Journal ?

Quand je l’ai repris, je me suis invité dans un appartement qui était déjà décoré, mais dont on avait bougé la commode. Cette émission constitue un exercice extrêmement contraignant, soumis à des études marketing. Je me suis totalement investi dans cette émission, dont je n’ai pas à rougir.

– Les audiences du Grand Journal sont en forte baisse… Qu’aurait-il fallu faire, selon vous ?

Il aurait été préférable de faire un passage en douceur. Le cycle que nous avions initié a été interrompu pour des raisons plus ou moins objectives… J’aurais travaillé davantage la transition. Quant à comparer les animateurs, c’est délicat : on est toujours le successeur de quelqu’un…

– Ce programme hebdomadaire va-t- il vous laisser du temps pour le cinéma ou d’autres activités que vous aviez délaissées pour assurer Le Grand Journal ?

Pas sûr, car L’Émission d’Antoine est un magazine «super produit». Contrairement à ce que j’ai pu lire, on n’est pas en «free style»… L’improvisation est contraire à ma nature profondément anxieuse. Je n’aurais pas le temps d’écrire mes mémoires (rires). Je viens de finir celles de Winston Churchill. La force de travail de ce type était incroyable ! La frontière entre travail et plaisir est ténue dans mon cas. C’est un privilège de faire ce qu’on aime !

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