Affaire Nicolas Bedos : le service public dérape-t-il ?


Par publié le 01/11/2014 à 12h00


Humour, liberté d’expression et «atteinte à la vie privée» peuvent-ils faire bon ménage sur une chaîne du service public ? Le débat est agité.

Il y a quelques semaines, les propos tenus par Éric Zemmour dans On n’est pas couché sur France 2 avaient fait tache sur le service public. Cette fois, ce sont Nicolas Bedos et l’animatrice Alessandra Sublet qui relancent le débat.

 

Dans Un soir à la tour Eiffel, le 8 octobre dernier, toujours sur France 2, le duo fait croire à la parution d’un livre de l’humoriste où il évoque ses relations amoureuses avec Valérie Trierweiler. Il s’agit en fait d’un simple canular, dénoncé en fin d’émission pour des raisons juridiques. Mais, trop tard, le mal est fait, et la question se pose, ce genre d’instrumentalisation de l’information, même de la part d’un humoriste, a-t-il le droit de cité sur une chaîne du service public ?

 

 

Sur les réseaux sociaux, c’est l’emballement. «Et dire que l’on paie une redevance pour ce genre de programme. Qu’une animatrice de France 2 cautionne une telle piteuse comédie, c’est invraisemblable, on a une télé poubelle», s’indignent des internautes. D’autres sont plus indulgents : «C’était drôle et bien joué ! Il fallait oser le faire. C’est rafraîchissant.» Mais canular apprécié ou pas par les téléspectateurs, les sages du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) ont décidé de se pencher sur le dossier.

 

 

Les téléspectateurs ont-ils été trompés dans une émission qui relève d’un magazine culturel et non du divertissement ? Retiendront-ils l’argument de défense de Nicolas Bedos, qui explique «avoir voulu dénoncer la “peopolisation” de la vie politique que certains nous imposent» ? De leur côté, les responsables de France 2 assument totalement le canular. Sur le fond, se pose une autre question : les chaînes du service public ont-elles besoin de ce type de «scandale» ou de «comédie» pour attirer les téléspectateurs et assurer l’audience ?