25 août 44 : je jour où Paris a failli disparaître


Par publié le 11/08/2014 à 11h43


Ce 25 août 2014, Paris fête le 70e anniversaire de sa libération. Pourtant, deux questions restent posées : Hitler avait-il ordonné la destruction de la capitale ? La diplomatie aurait-elle sauvé Paris ?

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie, puis progressent vers Paris. Du 18 au 25 août, la bataille de Paris fait rage entre Résistance et troupes allemandes, jusqu’à l’arrivée de la 2e DB du général Leclerc, le 25 août, le matin, aux alentours de 8 heures. Paris n’a pas brûlé ! Pourtant, dans leur livre Paris brûle-t-il ?

 

Dominique Lapierre et Larry Collins affirment que le général Dietrich von Choltitz, gouverneur de Paris, avait pour ordre de raser la capitale. Un épisode de la libération de Paris repris d’abord au théâtre, dans une pièce de Cyril Gély ayant pour titre Diplomatie, en 2011 ; puis au cinéma, sous le même titre, en 2014, dans un film de Volker Schlöndorff. Dans les deux cas, avec les mêmes acteurs Niels Arestrup (qui incarne le général von Choltitz) et André Dussollier (le consul général de Suède en France, Raoul Nordling) et le même scénario : avant l’aube du 25 août 1944, dans un bureau de l’hôtel Meurice, le général allemand se laisse convaincre par le diplomate de ne pas raser Paris. Vérité historique ou pure invention ?

 

Si les deux hommes ont bel et bien existé, rien n’a vraiment filtré de cette rencontre. Dans l’après-midi du 25, le général est arrêté et ce serait lors de son interrogatoire par les Britanniques qu’il se «serait donné un beau rôle» ayant besoin de laver sa réputation, car il avait contribué à la destruction de Rotterdam et fait raser Sébastopol, ayant même participé à l’extermination de milliers de juifs. Ainsi, sans éviter un procès, il échappait à une condamnation à mort plus que certaine.

DES ORDRES CLAIRS ET PRÉCIS

Au musée Jean-Moulin, à la mairie de Paris, au mémorial Maréchal-Leclerc de-Hautecloque, on peut y voir l’ordre, comportant éventuellement la destruction de Paris, que le quartier général d’Hitler a envoyé au commandant en chef des armées allemandes de l’Ouest, le 23 août 1944. Extraits : «La défense de la tête de pont de Paris est d’une importance capitale, sur le plan militaire et politique (…)

 

Dans l’histoire, la perte de Paris a toujours entraîné, jusqu’ici, la perte de toute la France (…) Le Führer réitère donc son ordre : Paris doit être défendu dans la position verrou en avant de la ville (…) Dans la ville même, il faut intervenir avec les moyens les plus énergiques contre les premiers signes de soulèvement, tels que la destruction de pâtés de maisons (…) La destruction des ponts de la Seine sera préparée. Paris ne doit pas tomber aux mains de l’ennemi ou l’ennemi ne doit trouver qu’un champ de ruines». En fait, outre les ponts mentionnés, rien ne concerne le Louvre, Notre-Dame, la tour Eiffel, les Invalides… Des recherches historiques sérieuses prouvent même que la fameuse phrase « Paris brûle-t-il ? », attribuée à Hitler, n’est qu’une légende qui a la vie dure.

 

PARIS SE REMET A CHANTER…

Le 26 août, dans la matinée, le général de Gaulle descend les Champs-Élysées et déclame une formule choc dont il a le secret : «Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !». Dès lors, la voie lui est toute tracée : en recevant les chefs de la Résistance, puis les secrétaires généraux exerçant des fonctions de ministres, il affirme la suprématie du gouvernement provisoire, reconnu par les Alliés le 23 octobre 1944. Si la libération de Paris ne fut pas un événement majeur de la Seconde Guerre mondiale, elle eut un impact psychologique énorme : la France en avait enfin terminé avec le régime de Vichy.