Denis Brogniart : « Koh-Lanta est un jeu d’aventure, pas de la téléréalité ! »


Par publié le 22/05/2015 à 04h00


Malgré des audiences en légère baisse, la nouvelle saison du jeu d'aventure en Malaisie du jeu d'aventure de TF1 séduit toujours un large public. Son animateur, encore marqué par l'accident survenu sur le tournage de Dropped, se confie.

– Dans quel état d’esprit étiez-vous au moment du tournage de Koh- Lanta Johor ?

Très positif, avec l’envie de retrouver des concurrents anonymes après une saison «All Stars». Dès que je les ai vus, j’ai compris qu’ils avaient envie d’en découdre. Je les ai sentis particulièrement préparés. Un candidat m’a confié avoir volontairement pris huit kilos pour atteindre son poids de forme une fois sur place après quelques semaines de privations !

– Beaucoup de règles ont été modifiées. Etait-ce nécessaire ?

Les candidats connaissent tellement bien le jeu que le danger serait de les installer dans la routine. C’est une façon de leur enlever leurs habitudes. C’est aussi bénéfique au télé spectateur.

– Sur le tournage, avez-vous connu quelques aléas météo ?

Nous avons tourné pendant la saison sèche, mais la Malaisie reste sous un climat tropical. Il pleut beaucoup, mais pas longtemps. Vous vous prenez des poches d’eau incroyables !

-Certains commentateurs font l’amalgame entre Koh-Lanta et téléréalité, cela vous dérange-t-il ?

Oui, parce que Koh-Lanta est un jeu d’aventures au même titre que Pékin Express ou Fort Boyard, pas de la téléréalité ! Les candidats sont des Robinson Crusoë qui se seraient échoués de leur plein gré, des naufragés volontaires. Et leur aventure développe tout un imaginaire, ils donnent à rêver. Et c’est ce qui explique la pérennité de l’émission. C’est en quelque sorte une épopée des temps modernes.

-Avec la mort de dix personnes sur le tournage de Dropped en mars dernier, la sécurité sur les tournages des jeux d’aventure comme Koh-Lanta a été mise en cause. Quel est votre avis sur la question ?

Je connais bien les personnes qui se sont occupés de la sécurité des vols sur Dropped car ce sont les mêmes que ceux qui en ont la responsabilité sur Koh-Lanta. On ne peut pas douter de leur compétence. C’est un accident qui nous a enlevé des collaborateurs de talent et des sportifs émérites. C’est terrible, mais c’est un accident.

-Comment ALP, la société de production de Dropped et de Koh-Lanta, vit-elle ces semaines difficiles ?

On essaie de se souvenir de nos potes disparus. Nous formions une vraie famille professionnelle, nous passions 24 heures sur 24 ensemble sur les tournages en extérieur. Tout ça dépassait le simple cadre professionnel. Nous allons repartir d’ici quelques semaines en tournage pour un nouveau Koh-Lanta. Et comme après les drames de l’année 2013 [à la suite de la mort du candidat Gérald Babin et du suicide du médecin attitré de l’émission, NDLR], on aura envie de se regarder, de se prendre dans les bras et d’être dignes de ceux qui sont partis.

-Vous assumez la présentation de Koh-Lanta depuis 2002. Qu’est-ce qui vous motive encore ?

Cette émission correspond à ce que j’aime : le dépassement de soi, le voyage et l’aventure. J’aurais du mal à m’en passer.

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