Xavier de Moulins : «Le divertissement, ce n’est pas ma came»


Par publié le 26/05/2014 à 02h08


Installé depuis 2010 aux manettes du 19.45 de M6, l’ancien chroniqueur noctambule de Paris Première fédère au fil des mois un public de plus en plus large. Ses impressions sur ce succès

- Quels sont pour vous les ingrédients qui font de ce journal une réussite en termes d’audiences ?

C’est une réussite collective, comme on dit dans le sport, qui récompense le travail de toute une rédaction, quelque chose aussi qui se construit sur la durée, comme un marathon, pas un effort momentané. Je crois que nous veillons également à bien hiérarchiser l’information, à l’expliquer… Bref, je pense que c’est une question de traitement et d’angle de narration. On prend l’époque à bras-le-corps et on la raconte.

- Pourquoi votre journal plaît-il particulièrement aux femmes ? C’est son contenu éditorial, votre côté brun ténébreux, ou les deux ?

C’est une alchimie entre celui qui le présente et la partition que l’on joue, entre le fond et la forme. En tout cas, j’essaie d’être le plus proche possible des gens qui nous regardent.

- Pensez-vous avoir créé un style à part dans le monde des JT ?

On me dit que oui. Mais je ne suis pas vendeur au BHV, je ne sais pas parler de moi. Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas entré dans cette sphère-là par la même porte que les autres. Et que certains petits trucs qui me sont venus naturellement, comme le fait de présenter le journal debout, ont été largement copiés. Aujourd’hui, tout le monde se lève pour Danette…

- Aspirez-vous à sortir du domaine de l’info et à prendre les rênes d’autres types de programmes, comme le fait par exemple en ce moment votre consoeur du 12 .45, Kareen Guiock ?

J’ai mis un certain nombre d’années à arriver sur ce créneau. Alors, maintenant j’y reste, d’autant que j’y suis très heureux. L’actualité est une matière inépuisable, tellement plus forte que nous… Et puis le divertissement, ce n’est pas ma came.

- Vous avez déclaré lors d’une interview que vous aimeriez présenter «Enquête exclusive». D’où vous vient cette passion coupable ?

C’est un truc que j’ai dit une fois et qui a été repris partout. Je n’y tiens pas plus que ça en fait, même si je trouve que c’est une très bonne émission.

-Bernard de La Villardière vous a remplacé au 19.45 pendant vos vacances. Pourquoi alors ne troqueriez-vous pas vos places ?

Non, l’échangisme, ce n’est pas mon truc (rires). Après, Inch Allah, je ne sais pas ce que l’avenir me réservera. Je vais vers ce qui meut mon désir.

- Vous avez rédigé trois romans. L’écriture est-elle un exutoire nécessaire pour supporter l’univers impitoyable que représente le PAF ?

Pour moi, elle est non négociable et indispensable. Mais la télévision peut se supporter sans qu’elle ait besoin de catharsis. C’est simplement un autre travail, qui me permet de trouver mon équilibre