Marianne James (Eurovision) : « Je suis un petit démon qui mord »


Par publié le 23/05/2015 à 02h55


Dans le concours de l’Eurovision, il y a les chansons, les tenues, les votes et les danseurs, mais aussi les commentaires. Et en compagnie de Marianne James, qui fera équipe avec Stéphane Bern, on risque fort de s’amuser : la dame n’a pas la langue dans sa poche.

– Commenter l’Eurovision, ce n’est pas forcément là où l’on vous attendait…

Et pourtant, c’est un rêve de gamine. Je suis ravie qu’on me donne cette chance car je sais qu’on n’aime pas trop les femmes de caractère à la télévision. D’habitude, les producteurs n’ont pas forcément envie d’un petit démon qui va mordre à la moindre incartade.

– Vous allez donc mordre ce soir-là ?

Avec Stéphane Bern, on va faire de l’humour, mais sans se moquer. La méchanceté pour faire rire, ça ne m’intéresse pas. Je ne suis pas quelqu’un qui attaque sur le physique. Certains ont essayé sur moi et ils se sont pris des coups là où je pense.

– Regardez-vous l’Eurovision chaque année ?

Bien sûr ! Toute petite, je le regardais avec mes grands-parents au Luxembourg. L’année dernière, j’étais avec maman devant la télé, je vois arriver Conchita Wurst, et là je me dis : « C’est bien beau de mettre du mascara et de porter une barbe, mais est-ce que t’en as dans le moteur ? » Le refrain arrive et j’ai vidé mon forfait téléphonique pour voter pour elle.

– Nombre d’internautes reprochent à Lisa Angell de ne pas être assez moderne. Franchement, vous pensez que la France a une chance cette année ?

Pas moderne ? Eh bien, regardez où la modernité nous a emmenés ces dernières années ! On revient au basique et il me paraît très solide. Je pense que Lisa Angell finira dans les dix premières.

– Après avoir fait partie du jury de Nouvelle Star, n’avez-vous pas eu des propositions intéressantes ?

Que des émissions de jeux ou d’access prime time… Hélas jamais de seconde partie de soirée brillante où l’on peut avoir une plus grande liberté de ton. On me demande souvent d’être chroniqueuse et, franchement, ça me fatigue car je pense que je n’en suis plus là, à faire partie d’une bande. Ils sont toujours surpris que je refuse car ils croient me faire un cadeau, mais à 53 ans et avec le métier que j’ai, c’est beaucoup trop réducteur.

– Vous avez taclé Cyril Hanouna lorsqu’il a déclaré s’être ennuyé sur Nouvelle Star. Était-ce nécessaire de le remettre à sa place ?

C’était gentillet car je l’aime bien. Je lui ai juste fait remarqué que l’animateur n’est pas la vedette de ce show. Je pense surtout que Nouvelle Star, c’était trop petit pour lui.

– Allez-vous revenir avec Prodiges sur France 2 ?

On tourne en septembre. Voilà une émission intelligente. Juste derrière la météo, on attaque avec Mozart, et pas à une heure du matin…

– Vous êtes actuellement sur scène avec Miss Carpenter. L’autodérision, est-ce important pour vous ?

La première politesse quand on est féroce avec les autres, c’est de commencer par mordre son cuisseau.

– Miss Carpenter est un personnage très excentrique. La sobriété, ce n’est définitivement pas pour vous.

J’ai essayé deux fois au théâtre de jouer dans des pièces plus classiques. Il parait que j’étais très bonne, mais ça n’a intéressé personne. J’ai également fait un album très intime et je n’en ai pas vendu. Je crois que mon public a envie de me voir dingue.

– Pensez-vous toujours que c’est grâce à vos rondeurs que vous avez acquis cette notoriété ?

Oh oui ! Je ne ressemble à aucune des humoristes qui s’affament et passent par le bistouri. Mes kilos, je fais avec, et aujourd’hui j’ai fait la paix avec eux.

– Vous avez un gros capital sympathie auprès du public. Comment l’expliquez-vous ?

J’ai une bouille, une attitude, je m’assume pleinement et je me ressemble. Mais attention, il y a aussi beaucoup de gens qui me trouvent insupportable !

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