Quand le cinéma inspires les séries


Par publié le 01/09/2014 à 11h24


Si pendant très longtemps une série à succès avait une petite chance de devenir un film, aujourd’hui c’est l’inverse : du film à la série, il n’y a plus qu’un tout petit pas.

Norman Bates est le héros de la nouvelle série de D17, Bates Motel. Ce nom vous rappelle quelque chose ? Rien d’étonnant puisqu’il s’agit du tueur du film Psychose d’Alfred Hitchcock. On suit ici sa jeunnese, et notamment la relation très particulière et fusionnelle que le jeune homme entretient avec sa mère. La série surfe sur le succès du film, mais pas question de tenter d’imiter Hitchcock… Alors, pour contourner la difficulté, le prequel est bien souvent la bonne solution. Il en va de même pour Hannibal, une série inspirée du Silence des agneaux nous montrant qui était Hannibal Lecter avant son incarcération, un psychiatre qui exécute ses meurtres en toute impunité. Avant ou après, vous l’aurez compris, changer d’époque est une bonne astuce pour éviter à ces séries d’être trop comparées à l’original.

 

Prenez Fargo, la série diffusée sur la chaîne américaine FX, d’après le célèbre film des frères Coen : il y a beaucoup de similitudes entre les deux oeuvres, notamment un humour noir rejouissant, mais aussi une grosse différence d’époque puisque la série se déroule dix ans après les faits du long-métrage de 1996. Il n’y a pas que les films américains qui inspirent le petit écran. La preuve en est avec certains films de Luc Besson comme Nikita, ou encore Taxi et Le Transporteur qu’il a écrits et produits.

 

Pas de copier-coller avec la série Nikita : l’héroïne n’a rien de la jeune paumée que jouait Anne Parillaud en 1990. Maggie Q est plutôt dans le genre femme fatale déterminée et sans aucune morale. En ce qui concerne Taxi Brooklyn, la ressemblance avec la célèbre saga marseillaise s’arrête au duo flic-chauffeur de taxi, même si celui-ci est très différent dans la version petit écran, tout comme le ton et les intrigues. Déception aussi du côté du Transporteur.

 

Le personnage joué par Chris Vance suit les mêmes règles que dans le film, mais ça s’arrête là. Il a aussi beaucoup moins de charisme que Jason Statham et les scènes d’action n’ont semble-t-il pas bénéficié des mêmes moyens financiers. D’ou vient ce besoin de transposer des films populaires en séries télévisées ? La télévision serait-elle plus rentable que le cinéma ? Sans doute : les investissements sont moindres et le public potentiel beaucoup plus large. En tout cas, le filon n’en est qu’à ses balbutiements. On annonce déjà une série dérivée du Shutter Island de Scorsese ainsi qu’une autre inspirée de Minority Report de Spielberg. De quoi effrayer les cinéphiles ! Gare à la qualité !