Louis de Funès : ses années de galères


Par publié le 15/07/2014 à 01h54


Avec plus de 140 films, il reste l'un de nos plus grands comiques français. Et pourtant, le succès s'est fait attendre...

Son nom est toujours synonyme de bonne humeur. Pourtant, avant de nous faire rire à l’écran, l’acteur a connu une longue, très longue période de vaches maigres. Non pas à cause d’un manque de talent, mais sans doute lui manquait-il un physique de jeune premier !

Une carrière au point mort

 
Même si le jeune Louis de Funès a été renvoyé du lycée à 16 ans, parce qu’il ne cessait de faire rire ses camarades, rien le prédestinait à une aussi belle carrière. Sans diplôme, le jeune homme s’essaie à divers petits boulots (étalagiste, cireur de parquets…) tout en fréquentant le cours Simon où Daniel Gélin le repère, mais sans rien lui proposer de concret. Parallèlement, Louis de Funès se fait engager dans plusieurs piano-bars. « Je jouais durant douze heures, j’avais 250 morceaux dans la tête. Je mangeais dans le vestiaire en regardant les manteaux. Quand j’avais fini, à 6 heures du matin, j’étais très fatigué.

 

Mais je suis content de l’avoir fait », aimait raconter Louis de Funès. Il fait la connaissance d’Eddie Barclay, qui l’incite à s’inscrire au Conservatoire international de jazz Charles-Henry, à Paris. C’est précisément là qu’il rencontre sa seconde femme, Jeanne, qu’il épouse en 1943, et qui lui donnera deux fils, Patrick et Olivier. Quelques années plus tard, Daniel Gélin le reconnaît dans le métro et lui offre sa toute première apparition à l’écran avec un petit rôle dans La Tentation de Barbizon. Louis de Funès n’a qu’une réplique à dire et pourtant, on ne voit que lui. En 1952, il est enfin remarqué par la critique dans la pièce La Puce à l’oreille, de Georges Feydeau. Le public lui fait un triomphe tous les soirs, mais il ne parvient pas encore à se faire un nom. À presque 40 ans, l’acteur multiplie les petites apparitions à l’écran. « J’arrivais parfois à 7 heures du matin et à 7 heures du soir, on me demandait enfin si j’étais prêt à tourner », dira-t-il plus tard.

 
Le début de la gloire
Il est excellent dans Ah ! Les belles bacchantes, puis dans Escalier de service. De 1953 à 1957, il tourne 37 films, mais malgré ça, la fusée De Funès a bien du mal à décoller. Il lui manque un bon rôle dans un grand film. Voilà qu’on lui offre le personnage de Jambier dans La Traversée de Paris, au côté de Bourvil et de Jean Gabin. Louis de Funès vient d’entrer dans la cour des grands. Son heure est enfin venue et, désormais, il va pouvoir donner libre cours à son génie comique, en sautillant, mimant, singeant…

 

C’est la consécration auprès du grand public avec la série des Gendarmes, des Fantômas, avec Le Corniaud, et bien sûr La Grande Vadrouille, qui bat tous les records d’entrée. Concernant cette reconnaissance si tardive, Louis de Funès déclarait n’avoir aucun regret, puisque cela lui avait permis «de faire mille petites choses» dans sa vie. D’ailleurs, ce succès tant attendu l’effrayait car il considérait toujours que l’argent qu’il gagnait pour faire des films n’était pas mérité. Sans doute est-ce la raison pour laquelle il cherchait sans cesse à atteindre la perfection. Devenu star, sa vie s’est quelque peu compliquée, mais l’acteur avait une priorité : sa famille. Pour preuve, cette jolie déclaration de Jeanne, dans l’excellent documentaire Louis de Funès intime diffusé sur M6 ce jeudi à 0h20 : «Chaque jour et jusqu’à la veille de sa mort, Louis me déposait un camélia sur le piano.»