Au début, aucune chaîne ne voulait de “J’irai dormir chez vous”


Par publié le 06/10/2014 à 07h01


Le « globe-squatteur » revient sur les débuts difficiles de son émission, avant qu’elle ne devienne un rendez-vous incontournable.

- J’irai dormir chez vous a parcouru un sacré bout de chemin depuis ses débuts en 2004…

 

Au début, l’émission a été lancée sur le câble. Elle était tellement décalée qu’aucune grande chaîne n’en voulait. Personne n’y croyait. Même France 5 n’en voulait pas. Et vous savez quoi ? Eh bien, je les remercie toutes de ne pas en avoir voulu, car c’est grâce à ça que l’émission a eu la possibilité de grandir, de prendre son identité avant qu’on essaie de l’améliorer. Et qui dit amélioration d’une émission, dit normalisation. C’est parce qu’elle a évolué dans un premier temps dans l’ombre que J’irai dormir chez vous a pu rester un peu « barge ».

 

- Vous rappelez-vous du tout premier épisode ?

 

La première fois, c’était au Mali, à Bamako. J’avais mis 24 heures à sortir de ma chambre d’hôtel. J’étais persuadé que c’était une idée débile. J’avais peur aussi. Finalement, j’y suis allé. J’ai passé deux heures dans la rue et je suis rentré à l’hôtel un peu démoralisé en pensant que mes images allaient être sans intérêt. J’ai alors eu la bonne idée de regarder les premiers rushes tout de suite. Et là, je me suis rendu compte que je n’avais pas rien. J’avais la vie, j’avais Bamako.

 

- Avez-vous le sentiment que beaucoup d’émissions de voyage qui sont à l’antenne se sont inspirées de J’irai dormir chez vous ?

 

 

Bien sûr, certaines se sont inspirées de moi. Mais moi aussi, je m’étais inspiré de ce que faisaient les autres à l’époque, notamment Strip-Tease. Je crois que j’ai renforcé l’idée du documentaire incarné, mais je ne l’ai pas inventée.

 

- N’êtes-vous pas lassé d’aller squatter chez les gens depuis dix ans ?

 

Non, parce tout simplement, cela m’amuse ! Avec J’irai dormir chez vous, je vais rencontrer des gens que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer dans la vie de tous les jours. Le fait d’être équipé d’une caméra, d’avoir une émission à faire, ça me permet de faire des choses que je n’oserais pas faire en temps normal. En Inde, on me voit aller parler à des gens qui dorment sur le trottoir. Sans caméra, je n’y serais pas allé naturellement.

 

- La nouvelle saison de J’irai dormir chez vous vous voit partir en Birmanie, un pays où des exactions sont commises à l’encontre de minorités. Ça ne vous dérange pas ?

 

Quand je vais quelque part, j’y vais sans a priori. Quand je prends la direction d’un pays, je ne sais pas ce qui s’y passe. Et si j’y vais, c’est justement pour découvrir la réalité vécue par les gens. Je ne suis pas un journaliste, je ne suis pas là pour faire le portrait d’un pays. Je montre ce que je vois. Je n’interprète rien. Je ne suis pas là pour dire d’aller en Birmanie parce que c’est génial ou de ne pas aller en Iran parce que là-bas, les gens sont des méchants.

 

J’irai dormir chez vous – samedi 18 octobre – France 5 – 18h05