Une dynastie au service du cirque


Par publié le 17/11/2014 à 05h16


Avec la famille Grüss, les Bouglione restent une des toutes dernières dynasties du cirque français. Une famille qui s’illustre depuis six générations.

L’histoire, ou la légende, remonte à 1820 quand, en Italie, le fils d’un marchand de textiles, Scipion Boglioni, tombe amoureux et épouse une Gitane, Sonia, appelée « La Maîtresse des fauves ». Le couple dirigea et fit voyager non pas un cirque, mais une ménagerie foraine. L’un de leurs petits-enfants, Sampion, rebaptisé en France Bouglione, eut quatre fils. Quatre frères qui allaient asseoir véritablement la dynastie Bouglione : Alfred, dit Alexandre, Joseph, Firmin et Nicolas, dit Sampion. C’est le père qui forma ses enfants à la discipline et aux métiers du cirque. Alexandre fut ainsi chargé des problèmes administratifs, Firmin devint équilibriste et dresseur de fauves, Sampion fils s’occupa de la cavalerie et Joseph des éléphants.

 

Histoire dans l’histoire, Sampion père acheta en 1926 un grand chapiteau et lui donna le nom de cirque Buffalo Bill. Lui-même dans le spectacle, il se fit passer pour le célèbre éclaireur William F. Cody, qui avait également créé et animé un cirque, mais qui était décédé en 1917 ! Une affaire qui ne choqua personne, surtout pas le public qui, partout en France, se rendit en foule aux représentations.

LE CIRQUE D’HIVER

 

Installés Porte de Champeret, les Bouglione font tellement recette que des théâtres parisiens signent une pétition pour que leur cirque quitte Paris. Peine perdue. Le 28 octobre 1934, c’est le coup de génie : les quatre frères reprennent le Cirque d’hiver de Paris, payé comptant en pièces d’or, alors que le lieu était très convoité par la famille Amar, autre grande figure de l’art du cirque. Le nom de Bouglione devient alors inséparable du lieu dans lequel beaucoup de grands artistes s’illustrèrent, de Pauline Borelli, la  première dompteuse, à l’écuyère Émilie Loisset, de Léotard à Lilian Hetzen, des Fratellini à Grock et Achille Zavatta…

 

Aujourd’hui encore, pour les 80 ans du Cirque d’hiver Bouglione, la magie opère plus que jamais avec un tout nouveau spectacle modestement intitulé Géant ! Comme il est de tradition, féerie, magie, rires, prouesses des numéros et animaux sont au rendez-vous. Un spectacle toujours conçu en famille.

 

Une relève assurée Dans la famille Bouglione, le cirque est une passion qui s’écrit en lettres capitales. « Chez les Bouglione, le plus dur n’est pas de se faire un nom, mais un prénom. » Cette maxime, chaque génération de la dynastie l’a adoptée, pour mieux sublimer l’héritage familial. L’avenir est d’ailleurs très bien préparé avec pas moins de cinquante-trois descendants, des enfants, des petits-enfants, des neveux et des nièces…

 

La famille nourrit même le projet fou de renouer avec la tradition du cirque ambulant, en faisant étape dans plusieurs grandes villes de l’Hexagone. Ainsi donc, le dictionnaire amoureux du cirque n’a pas fini de commencer par la lette B, celle de la famille Bouglione.