Magie et télévision : un vrai tour de passe-passe !


Par publié le 18/08/2014 à 11h46


À l’instar de Messmer le Fascinateur, qui cartonne sur TF1, et de l’inoxydable Gilles Arthur, qui s’entoure des meilleurs prestidigitateurs à l’Olympia (et sur Paris Première), les maîtres de l’illusion ont toujours tenu leur place sur le petit écran

Entre la télé et la magie, c’est sûr, «y’a un truc» ! D’abord presque inexistants dans les années 1960, sauf dans La Piste aux étoiles et Télé dimanche, leurs rapports se sont depuis bien réchauffés. Le succès du Québécois Messmer sur TF1 en juillet dernier n’a fait que raviver cette passion au long cours : Stars sous hypnose a rassemblé plus de 5 millions de téléspectateurs et la chaîne est en négociation pour plusieurs autres numéros d’ici janvier. Certes, pour les sceptiques, il n’est pas un «vrai» magicien, mais un pro de «l’illusion». On est loin des «close up» (tours de proximité) tels qu’on les voyait sur Antenne 2 à 19h45 en 1975 dans Y’a un truc : Gérard Majax y révélait ses petits secrets. Vingt ans plus tard, toujours avant le journal de 20 h, c’est Sylvain Mirouf qui brillait dans Studio Gabriel. Comme beaucoup, il était fan de Garcimore, qu’il regardait enfant sur TF1.

 

 

Avec ses «pas mal» et ses «décontrasté», l’Espagnol faussement ahuri n’avait pas d’égal pour surprendre le public. Plus déjanté, Éric Antoine fait aujourd’hui les beaux dimanches de Michel Drucker. Sa marque de fabrique : un peu de folie pour pimenter des grands classiques. «Je pars de numéros comme “La colombe” ou “La femme coupée en deux” en leur donnant une touche actuelle, mais je sais également créer un numéro avec un I-Pad !», assure-t-il. Plus branché encore car longtemps labellisé Grand Journal de Canal +, Kamel le Magicien doit aussi sa vocation à la télévision. «Quand tu es enfant et qu’un adulte te dit “Comment tu fais ?”, tu te sens grand», explique-t-il. Aujourd’hui, avec Don Wayne, metteur en scène de David Copperfield, il règle ses numéros à la perfection.

 

«Quand tu es humoriste, tu peux oublier une vanne, mais quand tu es magicien, tu ne peux pas rater un tour !» Dani Lary innove aussi en inventant un nouveau numéro chaque mois pour Le Plus Grand Cabaret du monde sur France 2. Mais quand la télé se fait traîtresse, Gilles Arthur se fâche. Il est le seul du métier à tenir l’antenne depuis quarante ans, notamment sur TF1 (Les Visiteurs du mercredi… à 16 ans !) et sur Paris Première, la chaîne partenaire depuis dix ans de son Championnat de France de magie. En 1998, un producteur américain avait lancé une série d’émissions où un «magicien masqué» dévoilait des secrets de grande illusion. «C’était un pillage industriel, je m’y suis opposé», raconte le célèbre prestidigitateur. France 3 avait pourtant succombé à la tentation de les diffuser. À son actif également, dix ans de Fort Boyard, la création des Mandrake d’or, qui fêteront leurs 25 ans en octobre, et un rôle d’«initiateur» auprès des plus jeunes grâce à ses livres et à ses boîtes de magie.

 

«Le public préfère des numéros qui dégagent une émotion à une réalisation à gros budget et trop parfaite», commente-t-il au sujet de The Best sur TF1. En mai, ses deux émissions spéciales sur Gulli ont plu : d’autres sont à venir. En attendant son «Eurovision» à lui… «Ce sera une compétition entre pays européens par le biais de la magie, pas un concours de talents», précise-t-il. S’il voit le jour, ce projet sera sûrement le plus ambitieux de tous ceux qui sont sortis de son chapeau !