Hell’s Kitchen : Arnaud Tabarec, le Gordon Ramsay français


Par publié le 14/01/2016 à 06h59


Dans l’adaptation française du programme américain, le jeune chef a la lourde tâche de marcher sur les traces du célèbre Gordon Ramsay. Une mission dont il s’acquitte plutôt brillement.

Pas facile de rivaliser avec une icône planétaire. En acceptant de devenir le visage de la version hexagonale de Hell’s Kitchen, diffusée sur NT1, Arnaud Taberec s’est lancé un sacré défi : ne pas rougir de la comparaison avec Gordon Ramsay, le dieu de la gastronomie anglaise, à la tête d’une trentaine de restaurants dans le monde entier, de de quatorze étoiles au Michelin et d’une ribambelle d’émissions, dont Masterchef et justement le Hell’s Kitchen américain, qu’il anime depuis maintenant quatorze saisons sur la Fox. Telle une diva, Ramsay y affole les audiences par sa virtuosité derrière les fourneaux, mais aussi et surtout par son caractère, aussi explosif qu’une grenade dégoupillé : coups de gueules homériques, portes qui claquent et des « shit » et « fuck » à longueur de phrases…Qui s’y frotte s’y pique, pour le plus grand régal du public, qui ne cesse d’en redemander ! Pour Arnaud Taberec, 34 ans tout juste, qui tient les rênes du Sea Sens au Five Hôtel & Spa à Cannes, pas question pour autant de singer son glorieux ainé. Dans son Hell’s Kitchen à la sauce frenchie, compétition dans laquelle il arbitre les joutes culinaires de seize valeureux candidats déjà professionnels bataillant pour gagner le droit d’ouvrir leur propre établissement, il n’imite personne et prend soin, au contraire, de rester fidèle à ce qu’il est…. « Au début, je me disais que la télé, ce n’était pas pour moi, confie-t-il avec franchise. Mais NT1 m’a rassuré en m’expliquant qu’il suffirait d’être moi-même, de travailler comme j’ai l’habitude de travailler, et là, l’enjeu a commencé à m’exciter. (…). J’ai eu zéro consigne, j’ai fait ce que je voulais comme je voulais. ».

Une histoire de goût

Inutile de compter sur celui qui a décroché sa première étoile en 2014 pour jouer les stars. Là où son homologue écossais assume sa mégalomanie, Arnaud Tabarec préfère mettre systématiquement l’assiette et ses saveurs sur le devant de la scène. « Je ne suis ni chercheur, ni chirurgien, je n’ai pas un QI au-dessus de la moyenne, je fais simplement de la cuisine », insiste-il, tout en dissertant sur sa conception de son métier : «  Le seul égo important, c’est celui du client. Le « moi, moi, moi », ça ne marche pas. Dans mon restaurant, je sais bien que si je n’avais pas mes deux sous-chefs comme guerriers derrière moi, ça ne fonctionnerait pas. » D’ailleurs, si le cordon bleu bourguignon avait besoin d’un modèle, ce ne serait pas Gordon Ramsay, mais Philippe Etchebest, un autre toqué très cathodique : « C’est un très, très grand monsieur…Il n’a plus rien à prouver. Je me souhaite la même réussite que lui, même si mon but n’est pas de le copier. » Un hommage aux petits oignons que la figure de proue d’Objectif Top Chef et de Cauchemar en cuisine saura surement savourer, lui qui vient d’ouvrir à Bordeaux une brasserie chic situé juste en face d’un restaurant de…Gordon Ramsay !

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