Charline Vanhoenacker :  » Je suis devenue animatrice télé sur un malentendu « 


Par publié le 02/05/2015 à 12h00


Celle que le président de la République surnomme « la Petite Belge » fait ses grands débuts à la télévision aux commandes de Je vous demande de vous arrêter, un talk-show décalé traitant… de « la connerie ». Rencontre avec une jeune femme au franc-parler rafraîchissant.

– D’où vous est venue cette idée d’un talk-show sur la connerie ?

Elle ne vient pas de moi mais d’un producteur qui l’avait dans ses cartons depuis plus de quinze ans. Preuve que la connerie est quelque chose de très réfléchi ! Si l’émission n’est pas arrivée à l’antenne avant, je crois que c’est parce qu’ils n’arrivaient pas à trouver la bonne personne pour l’incarner. Apparemment, lorsqu’ils ont entendu mes chroniques sur France Inter le matin, ils ont pensé à moi. Ils ont pensé à moi pour un talk-show sur la connerie… C’est quand même très flatteur !

– Dans votre émission, les invités ne sont pas là pour faire leur promotion. Est-ce important pour vous ?

Les émissions lèche-cul où on dit à l’invité que son livre ou sa pièce est formidable, ça n’est pas mon truc. Après, je ne suis pas non plus fan de l’excès inverse qui consiste à casser tout ce qui bouge. Tailler pour tailler, je n’aime pas ça. Dans Je vous demande de vous arrêter, on taille, mais on argumente derrière.

– Dans une interview à Puremédias, vous avez déclaré : « Pourquoi est ce que j’irais me faire chier en télévision, où on passe plus de temps à se maquiller qu’à réfléchir ? »…

C’est vrai ! À la radio, j’arrive à produire tous les jours une chronique ainsi qu’une émission d’une heure. À la télé, ça serait impossible. La télé, c’est un peu une armée mexicaine, un gros paquebot. Tout le temps que vous passez à travailler le décor, les maquillages pour que l’image soit nickel, vous ne le passez pas à travailler sur le contenu. Cela n’a jamais été mon truc, contrairement à beaucoup de personnes de ma génération pour qui c’est un peu le miroir aux alouettes. Ce qui ne m’a pas empêchée d’être séduite par le projet de Je vous demande de vous arrêter qui, pour une fois, me correspondait par sa veine satirique, pamphlétaire.

– Votre amour pour le journalisme nous fait dire que vous n’êtes pas près de découper votre carte de presse, comme a pu le faire Patrick Cohen, avec qui vous travaillez sur la matinale de France Inter…

Je n’ai plus la carte de presse et je le revendique. Je suis très contente de ne plus l’avoir lorsque je vois la bande de pimpins qui la délivre…

– Êtes-vous fière des audiences de Si tu écoutes, j’annule tout, votre émission sur France Inter (de 17 à 18h), excellentes malgré la concurrence de RTL et d’Europe 1 ?

Cela fait plaisir car c’est un indice d’adhésion du public. Quand on est arrivés en septembre sur France Inter, personne ne nous connaissait. En plus, avec Alexis Vizorek, on avait des noms à coucher dehors ! Malgré la présence de Laurent Ruquier et Cyril Hanouna en face, deux animateurs ultra connus, qui bénéficient d’un énorme budget pub, qu’on voit sur le cul des bus un peu partout, on est parvenus, au bout de cinq mois, à se faire une place.

– Avec vos talents d’humoriste, avez-vous envie de faire de la comédie ?

Certainement pas ! Ce n’est pas mon métier. Moi, je suis journaliste ayant un penchant pour l’humour. Ce que j’aime par dessus tout, c’est l’actualité, jouer avec l’actualité, la triturer. Ce qui me fait vibrer, c’est la satire politique. Déjà que je suis devenue animatrice télé sur un malentendu, je ne vois pas ce que j’irais faire dans la comédie !

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