La vérité sur le 14 Juillet


Par publié le 04/07/2014 à 04h30


Si l'on célèbre la fête nationale en ce jour emblématique, ce n'est pas forcément pour la raison à laquelle vous songez. Petit décryptage historique

Comme pour la majorité des Français, 14 juillet rime sans doute pour vous avec sédition populaire et prise de la Bastille…

 

Et sur ce point-là, vous avez (presque) tout faux. Si cette date a été instituée comme fête nationale, c’est effectivement en partie pour rappeler la chute de la forteresse qui conduisit quel – ques années plus tard par ricochet à celle de l’Ancien Régime. Mais c’est en fait davantage à la fête de la Fédération, qui eut lieu le 14 juillet 1790, qu’elle doit son inscription au calendrier.

 

Sous l’impulsion du marquis de La Fayette, qui a été nommé général de la milice bourgeoise parisienne le lendemain de l’assaut mené contre la célèbre prison, puis commandant des forces armées de la capitale trois mois tard, l’Assemblée Constituante décréta en effet que de grandes réjouissances y seraient données pour glorifier la cohésion nationale retrouvée. L’événement se tint aux Champs-de- Mars à Paris, devant plus de 250000 personnes. Les fédérés, des soldats volontaires venus de tout l’Hexagone, y paradèrent, escortés par leurs homologues parisiens, créant ainsi l’ancêtre des actuels défilés du 14 Juillet.

 

Les trois piliers du pouvoir au rendez-vous Louis XVI pour la royauté, Charles de Bonnay pour l’Assemblée et La Fayette pour la Garde nationale, y prêtèrent serment. Le marquis prononça un discours resté dans les mémoires : «Nous jurons de rester fidèles à la Nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l’intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité».

 

Enfin, un Te Deum fut chanté pour saupoudrer le tout de l’Esprit venu du Très-Haut. À noter que la fête de la Fé dération connut une deuxième édition, en 1791, mais dans une ambiance plus glaciale, puisqu’elle se déroula dans la foulée de la tentative de fuite de Louis XVI vers l’étranger. Il se passera un siècle pour que le 14juillet retrouve en 1880 son statut commémoratif, sous l’impulsion de Ben jamin Raspail, député républicain de la Seine, dont on ne connaît plus guère que la station de métro qui porte son nom.