Maracanã : le temple du football


Par publié le 26/06/2014 à 02h59


La finale du Mondial aura pour théâtre le stade le plus célèbre de la planète. Secrets d’histoire d’un monument du football.

Maracanã, simple surnom Si la Terre entière la connaît sous le sobriquet de Maracanã, l’enceinte carioca s’appelle en fait Stade Mario-Filho, en hommage à un célèbre journaliste sportif brésilien. Le patronyme Maracanã vient tout simplement du nom du quartier de Rio de Janeiro où ce stade de 78 838 places assises a été édifié. Le « drame national » de 1950 Sa dimension de « temple du football », le Maracanã la doit à cette rencontre extraordinaire dont il fut le théâtre quelques mois après son inauguration.

 

C’est sur sa pelouse que le match décisif pour le titre de champion du monde de 1950 s’est en effet déroulé entre l’Uruguay et le Brésil, pays hôte de la compétition. Alors que la Seleção n’avait besoin que d’un nul pour remporter la coupe Jules-Rimet, la formation emmenée par Zizinho fut terrassée par une surprenante Celeste. Les témoins de l’époque se rappellent du silence de mort qui s’était alors emparé des travées du Maracanã, où près de 200000 personnes s’étaient entassées.

 

Le Maracanã a-t-il perdu son âme ? Pendant plusieurs décennies, le Maracanã fut considéré comme le plus grand stade de la planète, grâce à son « Geral », cet anneau sans siège qui entourait sa pelouse et permettait à des dizaines de milliers de personnes d’assister aux rencontres en restant debout. « C’est à cet endroit que se trouvaient les supporters les plus modestes, rappelle Marcos de Azambuja, ancien ambassadeur du Brésil. Sans ce Geral, le Maracanã est devenu aujourd’hui une enceinte faite pour la classe moyenne, alors qu’avant, on pouvait le considérer comme un véritable prolongement de la rue. »

 

Même regret dans le son de la voix du journaliste sportif brésilien Juca Kfouri, qui considère que « Le Maracanã a perdu son âme, un peu à l’image de Wembley en Angleterre. C’est le résultat d’un mouvement global qui amène, dans le football comme ailleurs, à une sorte d’uniformisation et de pasteurisation des choses. Les stades d’aujourd’hui sont devenus de véritables centres commerciaux.»