Le 25 mai dernier, la chaîne W9 a diffusé une séquence de la téléréalité Dilemme, dans laquelle une candidate acceptait de passer un collier de chien autour du cou, d’être traînée en laisse et de prendre son repas de croquettes dans une gamelle pour faire gagner son équipe... Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, indigné de cette scène, a mis en demeure W9 de se conformer à l’avenir au « principe de respect de la dignité de la personne humaine », considérant qu’il s’agissait d’un « traitement avilissant et dégradant, quand bien même la candidate s’était prêtée librement à ce jeu qui conduisait à rabaisser un être humain au rang d’animal ». Dans cette émission, les candidats sont filmés jour et nuit, enfermés dans un « Cube » et se soumettent à des défis que leur propose la prod’ en échange de sommes d’argent. Les extraits de cette émission cartonnent sur Youtube et font « un max de buzz ». Tout se passe comme si la télé ne servait qu’à légitimer des dérapages programmés pour faire tourner la webmachine. De dérive en dérive, la trash télé révèle le peu de considération que certains diffuseurs ont pour le public. La vulgarité ne doit pas prendre le pas sur l’humour bon enfant, les flirts ou les heurts cocasses qui font le succès de la téléréalité. À force de mouliner du néant, Dilemme a le mérite d’être désormais le nouvel étalon qui mesure le degré zéro de la télévision. Il faudrait songer à le déposer au Pavillon de Breteuil à Sèvres, à côté du prestigieux mètre-étalon...
SERGE SEBBAH
Directeur de la rédaction