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Tour de France avevc Laurent Jalabert

"Le vainqueur devra être à la fois un routier et un grimpeur"

Créé le 06.07.10
Tour de France avevc Laurent Jalabert

97e édition du Tour de France et 3 596 km à parcourir d’ici le 25 juillet. Consultant, Laurent Jalabert juge le parcours et entrevoit la lutte entre Contador et Armstrong.

Ce Tour 2010 est-il taillé pour un routier ou plutôt pour un grimpeur ?
C’est un parcours séduisant. Pour tout le peloton, ça va être un Tour très difficile. Tout peut se gagner ou se perdre dès la première semaine avec des étapes qui emprun­tent certains secteurs pavés de Paris-Roubaix, d’où un départ très piégeux. Ensuite, on sait que, dans la foulée, les Alpes vont faire mal au peloton. Et puis, la dernière semaine dans les Pyrénées risque d’être terrible. Pour endosser le maillot jaune sur les Champs-Élysées, il va falloir finir avec pas mal de fraîcheur. Le vainqueur sera très fort : être à la fois un routier et un grimpeur.

Peut-il se résumer à une lutte Contador-Armstrong ?
Non, je ne crois pas. Armstrong a un gros amour-propre et n’aime pas perdre. Il a été blessé dans son orgueil en perdant l’an passé, mais je ne pense pas qu’il ait les moyens de lutter contre Contador. Il ne faut pas oublier les frères Schleck, Andy et Frank, les Italiens comme Basso, et puis d’autres qui peuvent créer la sensation.

Pas de Français dans vos citations ?
Même si leur motivation est toujours présente, il ne faut pas rêver. Christophe Le Mével a fait du Tour son objectif, donc il va vouloir briller, on peut lui faire confiance. De là à gagner le Tour !

Parlons de choses qui fâchent : le vélo électrique, y croyez-vous ?
Pas vraiment. Comme beaucoup, j’ai été surpris par cette nouvelle polémique. Qu’il existe des vélos électriques, on s’en doutait, mais de là à envahir les compétitions, il y avait un pas et je suis très sceptique.

Après le dopage, c’est une certaine crédibilité du cyclisme qui est remise en cause, une fois de plus ?
(Un peu en colère) Il faut savoir reconnaître ce qui est fait depuis des années dans le vélo et qui ne se fait pas pour d’autres disciplines. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de dopage, mais quels progrès contre ce fléau ! Si ce moteur est fonctionnel, les mesures seront vite prises par les autorités. Chaque année, c’est la même chose : dès que la saison bat son plein, le cyclisme est attaqué, on a l’habitude, et on connaît la technique. Il faudrait se pencher sur certains sports où il ne se passe jamais rien, où tout le monde il est beau et merveilleux ; mais on brasse une telle quantité de fric qu’on ne se pose pas la question de savoir si les contrôles sont efficaces ou pas, tout le monde s’en fiche. Ça m’agace.

On vous sent sensible sur votre moto lorsque vous commentez l’épreuve.
C’est la course qui me fait vibrer, toujours. J’ai le privilège de pouvoir rouler avec la tête du peloton ou avec les échappées. J’aime ce rôle-là, j’aime le vélo, j’aime le Tour, bref, j’ai du plaisir à occuper cette position et j’espère que cela va durer encore très longtemps.

Par Alain Val

Crédit photo : Briquet-Gorassini/ABACAPRESS.COM

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